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VEN3FEV2012
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Analyse et mise en perspective de l'actualité.
Analyse et mise en perspective de l'actualité.
  • ANALYSE

    • À la recherche du double tiret perdu
      Je le cherche, j'aimerais le rencontrer, parler avec lui, le prendre en photo, lui faire signer un autographe pour la postérité : lui, cet individu inconnu (homme ? femme ?) qui, un jour de décembre 2004, a décidé, seul ou presque, d'inventer un nouveau signe typographique. Le double tiret. Même pas le double tiret, plus étonnant encore : un signe typographique qui n'a pas de nom. Qu'on peut voir, mais qu'on ne peut pas dire. Qui est présenté ainsi : Ce séparateur « - - » doit être mentionné sur ses actes de l'état civil. À l'instar du simple tiret, ce signe n'a de manifestation (...)
       
    • Leur Millénaire
      [Voir aussi : Icade à Bagneux.] C'est compliqué. Mais il faut s'accrocher. Parce qu'il se joue, dans cette histoire, y compris dans son opacité, quelque chose de plus essentiel que dans d'autres épisodes que certains se plaisent à dénoncer (dîner du Siècle regroupant les puissants de ce pays, vacances de ministres dans des semi-dictatures). Il se joue, dans cette énième privatisation qui se déroule devant nos yeux secs d'avoir trop pleuré de voir les grands principes hérités du Conseil national de la résistance, quelque chose qui touche à la notion d'allure des villes - notion qui, par un (...)
       
    • Et nous assistâmes, les bras ballants, à la privatisation du web
      Régulièrement on nous pose la question. Ou alors on nous propose. Pourquoi Le Tigre n'est pas sur Facebook, sur Twitter ? Vous voulez qu'on s'en charge ? Je réponds poliment - pas toujours poliment - que non merci ça ira très bien comme ça. Encore faudrait-il se justifier. Voici quelques explications. Il faut se méfier des métaphores avec lesquelles on peut tout dire, et son contraire. Mais tout de même : imaginez. En bas de chez vous, il y a une route, vous pouvez (...)
       
    • Leaders du monde musulman à l’affiche
      Le monde musulman — du Maroc au Pakistan et au-delà — est bruissant d’images de leaders, de chefs d’État, de héros et de martyrs. Ces portraits appartiennent au registre des chromos populaires où se retrouvent les motifs de la propagande politique et les symboles religieux. De format rectangulaire (généralement 30 x50 cm, mais on en rencontre de plus grandes), ces images sont vendues moins d’un euro sur des éventaires en plein vent au bazar, près de (...)
       
    • Réflexions sur quelques bouts de tissu
      Tant d’articles, tant d’éditos, tant de tribunes ! Et pourtant, il a semblé au Tigre qu’il y restait des choses non entendues, ou peut-être que les discours étaient trop éparpillés. Alors voilà : un énième article sur le voile et la mal-nommée « burqa ». Il ne s’agit pas directement, ou plutôt pas seulement, d’argumenter : le sujet est trop sensible pour convaincre qui que ce soit de manière cartésienne. Juste de proposer des pistes, réflexions, notes, remarques, citations, éléments historiques — volontairement en vrac. Certains drôles, certains de mauvaise foi, quelques sophismes, (...)
       
  • ARCHÉOLOGIE DU SPORT

    • Les J.O. d’hiver
      Entre le début du XXe siècle et la fin du XXIe, il existait des compétitions sportives se déroulant sur la neige et sur la glace. L'une des plus prestigieuses s'appelait « Les Jeux Olympiques d'hiver ». Déclinaison saisonnière des « Jeux Olympiques d'été », plus populaires, ils comptaient toutes sortes d'épreuves manifestant l'inventivité de nos ancêtres en matière d'activité physique : parcourir une surface glacée à l'aide de bottines à lames d'acier afin d'aller le plus vite possible ou d'effectuer des figures codifiées, descendre toutes sortes de pentes sur les objets (...)
       
  • BRÈVES DU MONDE

    • Griffes mars-avril 2008
      Après avoir annoncé sur Skyrock avant son élection un « plan Marshall pour les banlieues », puis avoir déclaré en janvier 2008 que « beaucoup d'argent » serait injecté dans ce plan, le président Sarkozy a finalement annoncé ses mesures pour les banlieues en février 2008 : déploiement de 4.000 policiers supplémentaires, développement des écoles de la deuxième chance (financées par les collectivités locales et l'Europe), et mise en place de contrats d'autonomie. ............................................... Contrairement à ce que l'on a pu croire lors de l'affaire de la commission Attali, le (...)
       
    • L’autofictif
      Les visons sont inquiets : on parle de réintroduire la veuve de diamantaire dans les forêts de l’Ontario. ............................................... La première visite officielle du pape aux Inuits a mal tourné. Le Saint-Père s’est égaré seul dans les immensités polaires. Douze hélicoptères tournent depuis trois jours au-dessus de la banquise, mais les recherches ont hélas bien peu de chances d’aboutir. Oh comme il doit maudire la vanité de sa fonction et regretter la pourpre cardinalice ! ............................................... Au Moyen Âge, un rhume emportait son homme. Nous (...)
       
  • CHIENS ÉCRASÉS

    • Chiens écrasés
      L’affrontement était inévitable. On allait se battre, dans la brume mauve du petit matin, pour les beaux yeux ardents et la vulve odoriférante d’une biche capricieuse. Les deux mâles à la ramure puissante s’élancèrent tête baissée l’un contre l’autre, le sol vibrait sous leurs sabots furieux, un petit mètre encore les séparait, et c’est alors que Pouf crut bon de s’interposer. Funeste erreur. Le lustre du salon lui est tombé droit dessus, comment notre Fifi aurait-il pu le voir arriver tous feux éteints dans l’obscurité ? Cynique, je peux l’être davantage, (...)
       
  • CHRONIQUES JUDICIAIRES

  • DANS L’ARRIÈRE-BOUTIQUE

    • Dans l’arrière-boutique des auteurs de séries télé
      Vous avez certainement déjà vu une des séries dont ils sont les auteurs. Patrick écrit surtout des comédies, Maxime des polars, et Anne a écrit et réalisé une série plus personnelle que ce qui se fait habituellement à la télévision française.
      [Les prénoms et certaines données ont été modifiés, afin de préserver l'anonymat des personnes interrogées.] Propos recueillis par Raphaël Meltz. Comment devient-on auteur de séries télé ? (...)
       
    • Dans l’arrière-boutique des cabinets ministériels
      À moins de quarante ans, ils sont tous les trois anciens conseillers dans des cabinets ministériels. Lucie était à Matignon sous Jospin, jusqu'en 2002. Marc dans un ministère technique, de 2007 à 2009. Philippe dans un ministère social entre 2007 et 2010. Les prénoms et certaines données ont été modifiés, afin de préserver l'anonymat des personnes interrogées. Propos recueillis par Raphaël Meltz. Lucie ― Moi, je ne suis pas énarque, j'ai grandi en province, (...)
       
    • Dans l’arrière-boutique des photographes
      Que se disent des gens qui font le même métier quand ils se rencontrent ? Le Tigre ouvre une nouvelle rubrique pour faire entendre les conversations qui, d'ordinaire, ne sortent pas des coulisses. Sans prendre parti, en tendant l'oreille. Pourriez-vous vous présenter rapidement ? Philippe — Je fais des portraits, surtout pour la presse... Clara — Je suis photographe de plateau pour une chaîne de télé. La première fois que je leur ai montré mes photos, (...)
       
  • DEVOIR D’INVENTAIRE

    • Voyages présidentiels
      Juillet et août, ce sont le temps des voyages. Depuis quelques années, l’Afrique est une destination à la mode pour nos présidents de la République, ou ceux qui prétendent le devenir.
      Juillet et août, ce sont le temps des voyages 18 avril 1960 Le Général de Gaulle effectue son premier voyage hors d'Europe de président de la République aux États-Unis, au Canada, en Guyane et aux Antilles. 23 février 1970 Georges Pompidou, élu en juin 1969, effectue son premier voyage présidentiel hors d'Europe aux États-Unis. 10 avril 1975 Valéry Giscard d'Estaing (...)
       
    • La baisse des impôts
      La baisse des impôts est une promesse récurrente 17 février 1995 Jacques Chirac, candidat à l'élection présidentielle, considérant que « trop d'impôt tue l'impôt », promet de baisser les impôts en réformant notamment la CSG et en baissant la taxe professionnelle et l'impôt sur les sociétés. 18 septembre 1995 Alain Juppé, Premier Ministre, annonce publiquement au Puy-en-Velay que les baisses d'impôts promises par Jacques Chirac ne seront pas honorées avant deux ou trois ans. 14 juillet 1996 Jacques Chirac annonce, lors de sa traditionnelle intervention lors de la Fête (...)
       
    • L’indépendance de la justice
      31 août 1883 31 août 1883 Une loi consacrée à l'organisation judiciaire crée le Conseil supérieur de la Magistrature qui est une formation de la Cour de cassation, toutes chambres réunies et qui statue en matière de discipline des magistrats. 27 octobre 1946 L'existence du Conseil supérieur de la Magistrature, présidé par la Président de la République, est inscrite dans la constitution de la IVe République. Ses compétences sont assez étendues, notamment en matière de nomination des magistrats du siège et une partie de ses membres est nommée par leurs pairs. 4 octobre 1958 La (...)
       
    • Le Pen et les parrainages
      Avec la Ve République et l’élection du président au suffrage universel direct est apparu le problème des parrainages nécessaires aux candidats pour se présenter.
      18 novembre 1965 18 novembre 1965 Une liste de 6 candidats est retenu par le Conseil constitutionnel pour la première élection au suffrage universel du Président de la République. Ils ont dû, conformément à une loi organique, présenter 100 signatures d'élus pour que leur candidature soit enregistrée. 18 avril 1974 Le Conseil constitutionnel retient, pour la première fois, la (...)
       
  • DISETTE

    • Disette (juin 2011)
      La langue édicte ses conditions. À trop l'entendre, par un phénomène d'hyperacousie, il est possible de confondre ce qui est mystérieusement enfoui dans les phonèmes (les sons qui font les mots) et ce qui se matérialise dans leur résonance. Frontière et bordure sont constamment déplacées, étant dans les têtes. La mémoire d'une langue draine de drôles de choses. Si le fruité d'un jeu de mots s'entend dans un seul idiome - la musique alloue de la surenchère, ou pas -, il n'en est pas moins troublant que le refoulé de l'inconscient d'une langue claque tel une oriflamme. La libre (...)
       
    • Disette (janvier 2011)
      La réputation du fort de Vincennes n'est plus à faire. Dans ses fossés, le duc d'Enghien a été assassiné. Y a longtemps siégé le Tribunal Permanent des Armées. De mémoire et de plume, le lieu suinte le bannissement. Pour les trois jours des apprentis bidasses, les complots occultes et les sessions de recrutements sauvages en contre-espionnage, le fort a toujours servi, à proximité de la capitale, de verrou vers l'Est, de cachot privilégié et de réserve souterraine. La DST y a longtemps séjourné. La cartoucherie nationale dont une troupe de théâtre a fait son blason, tout du bois et de son donjon respire (...)
       
    • Un viager du regard
      Chaque catastrophe s'entoure de cernes qui forment une pluie acide de signifiants. La dernière tempête a confirmé la fragilité du littoral : l'océan joue des tours, violent et déroutant, il peut abuser de ceux qui le côtoient tel un paysage sauvage, le considérant comme un viager du regard. Dans une anse de trente-cinq kilomètres en face de l'île de rupins de Ré, trois lieux aux noms à la forte charge symbolique : La Faute-sur-Mer, L'Aiguillon-sur-Mer et Charron. Ce dernier rame avec constance sur le fleuve Styx et chasse à coups d'aviron les cadavres flottants (39 exactement), il augure et clôt (...)
       
    • Les enfants et le droit à l’image
      Suite au courriel de trois internautes qui souhaitent plus d'explicitations comme disent les Québécois au sujet du parcage de la petite enfance, je vous livre le fabliau suivant. Jeudi 1er avril, carnaval à l'École Bernard Cadenat (avec un t) à la Belle de Mai à Marseille City, tous les parents sont conviés à une sarabande. Leurs bambins coiffés, attifés de cartons et paillettes, qui en chat en Zorro ou en singe. Il y a beaucoup de monde, soixante enfants en folie, sevrés de tagadas et de marbrés. Cela fait beaucoup de parents qui se doivent d'être heureux et fiers ; certains sont venus avec des appareils (...)
       
    • Disette
      Une nouvelle directive vient renforcer l'arsenal orthopédique de la morale publique visant la petite enfance. Tout bambin poussant des cris irraisonnés, tapant les autres, répondant à ses parents, devra être signalé aux services sociaux. Bien que retoqué par les sénateurs, le projet de loi instituant le dépistage de risques de "formation de malfaisance" continue son petit bonhomme de chemin. Une officine étrange a été créée en mars 2008 : l'Observatoire des risques de développement. La définition du sujet à risques selon son milieu, son manque d'éducation, son origine raciale ou ethnique, (...)
       
  • DOSSIERS

    • AÉROPORT

      • Rencontre avec un agent d’escale commercial
        cf aussi : Une nuit à Roissy Expulsions de sans-papiers : associations contre policiers
        Gabriel, agent d'escale commercial Passagers désorientés .......................................................... Le passager, dès qu'il arrive dans l'aéroport, il est stressé, il est pas à l'aise. Quand il est chez lui il sait où sont rangées ses pâtes, mais il arrive dans un aéroport... enregistrement, (...)
         
      • Expulsions de sans-papiers : associations contre policiers
        cf aussi : Une nuit à Roissy Rencontre avec un agent d’escale commercial Les aéroports français sont devenus des lieux emblématiques dans les expulsions de sans-papiers. Accompagnés de policiers et entravés, les « reconduits » sont placés à l’arrière d’avions de ligne traditionnels. Policiers comme associations savent que les passagers peuvent jouer un rôle essentiel, puisque le commandant de bord, maître à bord de son avion, a le droit de refuser (...)
         
      • Une nuit à Roissy
        Un voyage tous frais payés, 13,40 euros aller-retour. Qui n’ira pas plus loin que l’aéroport. Dans ce cas-là, la vieille rengaine de Pessoa fait toujours l’affaire : « À quoi bon voyager ? Pour voyager, il suffit d’exister. » Je serai sans badge ni bagage, le seul à Roissy à ne pas avoir de métier sur place ou d’avion à prendre. Une sorte de nouveau Mehran Karimi Nasseri, qui a vécu à l’intérieur de Roissy pendant dix-huit ans. Cette espèce de ville gigantesque mérite bien une visite au long cours. Avec l’espoir, bien sûr, qu’un évènement imprévu et spectaculaire (...)
         
    • ESCROCS ET CROQUE-ESCROCS SUR INTERNET

      • Arnaques à la nigériane
        Sommaire du dossier : Arnaque à la nigériane Mes amis les cyber-arnaqueurs « Je te quitte du clavier mais pas du cœur » Le parfait C.V. des veuves et orphelines
        Le mot spam désigne les communications électroniques massives non sollicitées par les destinataires, à des fins publicitaires ou malhonnêtes. SPAM, marque de jambon en boîte créée par Hormel Foods en 1937, serait la contraction de « SPiced hAM » ou l’acronyme de « Shoulder of Pork and hAM ». Le mot doit sa gloire à un sketch des Monty Python dans lequel le mot envahit la conversation — le sketch (...)
         
      • Le parfait C.V. des veuves et orphelines
        Lire aussi : Arnaque à la nigériane Mes amis les cyber-arnaqueurs « Je te quitte du clavier mais pas du cœur »
        Typologie des ressemblances et différences entre mademoiselle Sery Christine, « fille unique du défunt Félix Séry », David William « seul fils unique de Monsieur Duke William », Mary Moses, « fille unique de ses défunts parents », Nadège Guié, « enfant aînée de feu Chef Thomas Guié » et quelques autres... Les éléments-clés de la parfaite (...)
         
      • Récit : « Je te quitte du clavier mais pas du cœur »
        Lire aussi : Arnaque à la nigériane Mes amis les cyber-arnaqueurs Le parfait C.V. des veuves et orphelines « Je prends un escroc, je lui fais gaspiller son temps et son argent, juste pour le plaisir de le rendre fou. » Récit de l’un des scambaits de Julia Brandeau, croque-escroc. Cela commence comme ça : « L’autre jour j’ai reçu un mail de Clémentine Kouame [Bonjour, je me nomme Kouame (...)
         
      • Entretien : « Mes amis les cyber-arnaqueurs »
        Lire aussi : Arnaque à la nigériane « Je te quitte du clavier mais pas du cœur » Le parfait C.V. des veuves et orphelines Julia Brandeau est une « croque-escroc » : une « chasseuse de scam » du net qui travaille en solo et qui, sur un site plein d’humour www.croque-escrocs.com, où l’aspect ludique et inventif prime, raconte ses aventures et ses croquages de « méchants » : « Je ne suis pas une justicière, je joue à la justicière. Être dans une prison (...)
         
    • IRONIE ET SABOTAGES

      • Tentative de réorganisation chronologique de l’affaire dite « de Tarnac »
        [Ce texte a été achevé le 15 décembre 2008.]
        Lire aussi : - Rire de tout (et avec n’importe qui si possible) De durs rêveurs Rapport de police concernant le nommé Souchon Alain Mars 2007. Xavier Raufer, « spécialiste » de la criminalité, rend un rapport à Réseau Ferré de France (RFF) [131], en charge des lignes de chemin de fer. Il y écrit, sur un ton apocalyptique qui (...)
         
      • De durs rêveurs
        La mise en examen de Julien Coupat et de huit autres personnes pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » a été largement fondée sur l’analyse, par la police, de L’Insurrection qui vient. Voici donc, dans le détail, la teneur des textes écrits par Julien Coupat et son entourage. On laissera le lecteur se faire une idée.
        Lire aussi : Rire de tout (et avec n’importe qui si possible) Tentative de réorganisation chronologique de l’affaire dite « de Tarnac » Rapport de police concernant le nommé Souchon Alain (...)
         
      • Rire de tout (et avec n’importe qui si possible)
        Comme la nouvelle année est l’époque des bonnes révolutions (NDLR – c’est une coquille, messieurs des RG ; il fallait bien sûr lire : résolutions), Le Tigre a décidé de se pencher sur la question de l’ironie. N’y a-t-il pas, dans la présentation du journal, cette phrase écrite un jour d’ivresse : « Le Tigre ne prétend pas dire au lecteur ce qu’il faut penser... Le Tigre préfère l’ironie à la diatribe » ? Il était grand temps de (...)
         
      • Rapport de police concernant le nommé Souchon Alain
        Voir l'image : Rapport concernant Alain Souchon OBJET : Rapport concernant les écrits suspects du dénommé Souchon Alain J’ai l’honneur de vous rendre compte des investigations diligentées en exécution des réquisitions citées en référence et ayant permis d’identifier et de démanteler une structure clandestine anarcho-autonome basée sur le territoire national et se livrant à des opérations de déstabilisation de l’Etat par des chansons à textes (...)
         
      • Ouverture du dossier
        Au sommaire du dossier : Rire de tout (et avec n’importe qui si possible) De durs rêveurs Tentative de réorganisation chronologique de l’affaire dite « de Tarnac » Rapport de police concernant le nommé Souchon Alain voir aussi (volume 30) : Héritiers situationnistes
        On dit que les hommes sont des robots. On dit que les hommes ne se révoltent pas assez. On dit que la capacité de mobilisation est devenue nulle. On dit que de nos jours, tout ne va pas bien mais que c’est mieux quand même. On dit qu’il faut se lever au petit (...)
         
    • L’ÉCRITURE SMS

      • Ah ! Si seulement j’eusse su ce lapsus
        Sur un téléphone, l’écriture en mode « intuitif », dit mode T9 [209], a pour fonction de simplifier l’encodage sur un clavier comptant moins de touches que de lettres. Sans lui, l’utilisateur doit appuyer plusieurs fois sur les touches pour atteindre les lettres qui se trouvent en 2e, 3e ou 4e position. Lorsque ce programme est mis en fonction, l’utilisateur peut écrire les mots qu’il souhaite en appuyant une seule fois sur les touches ; le programme (...)
         
      • Vite ! Vite !
        La coexistence entre l’écriture traditionnelle et des formes d’écriture rapides ou abrégées de la langue, entre le qui et le ki, ne date pas d’hier. Pendant des siècles, cette coexistence fut perçue comme une richesse et non comme un risque pour la langue. Parce que mettre ki à la place de qui, c’était gagner du temps, voire écrire à la vitesse de la parole. Or, à des époques où l’enregistrement audio n’existait pas, pouvoir transcrire un discours en temps réel était un savoir utile aux souverains comme à la vie administrative, intellectuelle et économique. De même, à toutes les (...)
         
      • De la mobilité des téléphones et de la langue
        Très prisés par les jeunes, les messages envoyés par téléphone portable et écrits en « langage SMS », càd kom sa, sont régulièrement accusés de nuire à la bonne orthographe française. Pourtant, les SMS ne touchent pas à la langue en tant que telle : ils en constituent une forme dérivée, née d’une contrainte technique.
        Le SMS n’est pas une langue ; c’est une écriture. Une écriture qui découle de deux contraintes : la structure des touches (...)
         
      • Ouverture du dossier L’écriture SMS
        OSKOUR ! UN SMS ! Ils sont assis tout au fond de la classe, près du radiateur. Ils ont un téléphone qui ne joue même pas du Vivaldi quand il sonne. Les mains sous le bureau, ils s’envoient des SMS à longueur de journée. Leurs copies commencent par « 2 tt tps et à ttes lé zépok, l’om a cherché dé moy de komunikation ». Ils ne lisent pas les Cahiers de médiologie. Ils ne savent pas que l’Université Catholique de Louvain mène des études linguistique sur leur drôle (...)
         
    • LA SOCIÉTÉ DU SLOGAN

      • La société du slogan
        Slogan n.m. — 1930 ; « cri de guerre » 1842 ; mot écossais, du gaélique « cri » (gairm) et « clan » (sluagh). Formule concise et frappante, utilisée par la publicité, la propagande politique, etc. Slogan révolutionnaire, publicitaire. Lancer, répéter, scander un slogan. — « Le gout dangereux du slogan, de la phrase à effet. » (Maurois) [Le Petit Robert]
        [L'intégralité du dossier, images comprises, peut être téléchargé au format PDF en suivant ce lien.] Lowe France, c
         
    • LES ANNÉES 1990

      • Les années 1990
        [Voir l'introduction : Tentative de description des années 1990.] Illustrations d'Isabelle Boinot. 5 avril 1994 : Kurt Cobain est mort Ils sont « grunge ». Crades. Pour faire chier leurs parents et les débiles du lycée, ils mettent des vieux t-shirts, des jeans dégueulasses, troués, ils ne se lavent plus les cheveux. Ça ne loupe pas : ils passent pour des tarés. Ils se font virer de chez eux. Ça ne les dérange pas, ils vivent à Seattle, enfin dans la banlieue, il pleut tout le temps. C'est déprimant, la banlieue de Seattle. Ils sont un peu paumés, ils prennent de l'héro. Ils font de la musique (...)
         
      • Tentative de description des années 1990
        [Introduction au dossier Les années 1990.] Les années 1990 n'existent pas. Ou plutôt : les années 1990 ont oublié d'exister. Coincées entre deux moments phares, elles n'ont rien fait d'autre qu'attendre que leur tour soit passé. À l'image des gens qui s'excusent toujours de déranger, elles se sont contentées : d'être là. Et pourtant, elles ont joué un rôle - malgré elles, peut-être : elles nous ont laissé un peu de répit. Ça n'a pas duré. Les (...)
         
    • LES DÉRIVES DE LA POLITIQUE DE SANTÉ PUBLIQUE

      • Fumer ne tue pas
        cf aussi : Cinq = dix. L’exemple des fruits et légumes G.R.O.S et gras La naissance de la santé publique
        Savez-vous la dernière ? Nous n’avons plus le droit de grignoter. C’est un ordre : écrit à l’impératif, comme il se doit. Pour votre santé, ne grignotez pas entre les repas, nous dit-on en bas d’une publicité pour un fromage ou un dessert. Jusqu’à la fin du vingtième siècle, le verbe grignoter était réservé aux petits rongeurs. Les écureuils grignotaient. Les souris grignotaient. Les nourrissons, à l’âge de leurs premières dents, grignotaient. (...)
         
      • Cinq = dix. L’exemple des fruits et légumes
        cf aussi : Fumer ne tue pas G.R.O.S et gras La naissance de la santé publique Les fruits et légumes sont un bon exemple du marketing de la santé publique. Ces dernières années, l’incitation à leur consommation a donné lieu à des slogans à l’arithmétique chancelante : en deux ans, le nombre de fruits à consommer a été divisé par deux...
        Il y a eu les pays sous-développés, il y a maintenant les (...)
         
      • G.R.O.S et gras
        cf aussi : Fumer ne tue pas Cinq = dix. L’exemple des fruits et légumes La naissance de la santé publique La campagne contre l’obésité justifie les messages déversés sur nos téléviseurs. L’OMS parle d’une « épidémie ». Là encore, la réponse étatique ne convainc pas. En stigmatisant certaines catégories d’aliment (le gras, le sucré, le salé) et en culpabilisant les consommateurs, elle ne fait qu’accentuer les troubles du comportement (...)
         
      • La naissance de la santé publique
        Lire aussi : G.R.O.S et gras Fumer ne tue pas Cinq = dix. L’exemple des fruits et légumes L’État moderne considère que la santé du corps social est sa préoccupation légitime. Il existerait un contrat social implicite par lequel la population investirait l’État d’une responsabilité de prévention. Quels sont les principes d’une juste intervention, qui ne soumette pas les citoyens aux excès d’une bienfaisance paternaliste ?
        La politique de santé publique privilégie le bien-être de la population dans son ensemble à celui des individus. La distinction entre (...)
         
    • MEETIC

      • Meetic : 2 ans d’amour ou presque
        Voir aussi : Annonces et pseudonymes Chat : dès vingt-heures cinquante-huit Statistiques
        Comment expliquer Meetic ? Il faudrait commencer par les mots. Conversations virtuelles, rencontres virtuelles, ce sont les expressions couramment utilisées pour en parler. Ce mot « virtuel » a souvent pris le sens d'un contraire du « réel », mais ne nous y trompons pas : une conversation électronique n'existe pas moins qu'une (...)
         
      • Annonces et pseudonymes
        Voir aussi : Meetic : 2 ans d’amour ou presque Chat : dès vingt-heures cinquante-huit Statistiques
        ANNONCES PASSÉES PAR DES FEMMES — 25-35 ANS — ÎLE-DE-FRANCE JE SUIS UNE JEUNE FILLE TRÈS AGRÉABLE ET JE RECHERCHE UNE RELATION SÉRIEUSE ET DURABLE •♥• JE RECHERCHE UN HOMARD OU UN BISOUNOURS, LA PERSONNE QUI SE RECONNAITRA ME FERA SIGNE SI ELLE DÉSIRE. •♥• JE RECHERCHE UNE PERSONNE FRANCHE AVANT TOUT QUI SOUHAITE VIVRE UNE BELLE AMITIÉ OU UNE BELLE HISTOIRE D'AMOUR. •♥•J'AIMERAIS ÉLARGIR MON CERCLE D'AMIS (...)
         
      • Chat : dès vingt-heures cinquante-huit
        Voir aussi : Meetic : 2 ans d’amour ou presque Annonces et pseudonymes Statistiques
        (20:58:45) Capuchette : Tu as la mémoire sélective. (20:59:05) Sandor Krasna : oui, assez (20:59:12) Sandor Krasna : j’oublie très facilement ce qui ne m’intéresse pas (20:59:27) Sandor Krasna : (tu m’as percé à vif) (20:59:51) Capuchette : Tu es rationnel, on a dit, donc pas du genre à t’encombrer la mémoire avec des (...)
         
      • Statistiques
        Voir aussi : Meetic : 2 ans d’amour ou presque Annonces et pseudonymes Chat : dès vingt-heures cinquante-huit
        SENTIMENTS ET POURCENTAGES Pour calculer ces statistiques, il était exclu de parcourir l’ensemble des inscrit(e)s sur Meetic. D’une part la population est beaucoup trop importante pour que ce soit praticable, d’autre part nous ne nous intéressons qu’aux personnes ayant une activité réelle sur le site, pas à celles qui n’en font aucun usage. Nous avons donc effectué plusieurs prélèvements en restreignant notre échantillon aux personnes ayant entre 25 (...)
         
    • RROMS, "GITANS", "GENS DU VOYAGE"

      • Un camp oublié par l’histoire
        Durant la Seconde Guerre mondiale, un camp d’internement de Tsiganes fut ouvert en Anjou dans la ville de Montreuil-Bellay. Jacques Sigot, historien local, évoque le passé de ce camp et raconte sa lutte pour la reconnaissance de cette histoire oubliée.
        C’était au tout début des années 1980, j’étais alors instituteur dans un village proche de ma ville d’adoption, Montreuil-Bellay, en Anjou, ou plus exactement en Maine-et-Loire. J’y avais déposé ma valise en 1973, après sept années passées au Maroc. J’avais eu la chance, au prix de sacrifices qui devaient (...)
         
      • Ni liberté ni égalité
        Début 2008, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a rendu publique une délibération sur les « gens du voyage », délibération qui précise un certain nombre de points juridiques, et recommande au gouvernement de prendre des dispositions. Alors que le constat final est que « les gens du voyage sont victimes de discriminations résultant des textes en vigueur comme de comportements individuels, et ce dans tous les domaines de la vie quotidienne », certaines recommandations au gouvernement restent timides. Revue de (...)
         
      • La répression et l’assistance
        Entretien avec Saimir Mile, président de l’association la Voix des Rroms.
        Alors que les expulsions des Rroms des bidonvilles se poursuivent, Saimir Mile, représentant de La Voix des Rroms, l’une des trop rares associations à prendre la parole « de l’intérieur », revient sur les fondements juridiques de cette politique, et montre ce qui se cache derrière les euphémismes de « l’aide humanitaire au retour » et des « villages d’insertion ». Avant d’aborder une question fondamentale : la perception univoque, par la société (...)
         
      • Racisme et amalgames
        Quand ils jouent du violon, ce sont de gentils Tsiganes. Quand ils font du jazz, ce sont des Manouches. Dans les films de Kusturica, c’est des Gitans. Quand ils mendient dans le métro, c’est des Roumains. Quand ils habitent dans une caravane, c’est des gens du voyage. Quand ils habitent dans des bidonvilles, c’est des Rroms. Quand ils habitent dans une maison, c’est des « Tsiganes sédentarisés ». Quand ils sont très pauvres, c’est des voleurs. Quand ils ont de belles voitures, c’est aussi des voleurs. Qu’ont en commun toutes ces phrases ? D’être entièrement fausses (...)
         
      • Ouverture du dossier
        Au sommaire du dossier : Racisme et amalgames La répression et l’assistance Ni liberté ni égalité
        On dit qu’ils volent nos poules, même si on n’a plus de poules. On dit qu’ils sont sales. On dit qu’ils ont l’air trop pauvres, dans nos sociétés qu’on rêve composées uniquement de riches. On dit qu’ils nous volent. Au mépris de l’avis du Parlement européen, l’Italie a commencé à les ficher, prenant leurs empreintes digitales, et faisant ressurgir le spectre des pires moments du XXe siècle. On dit qu’on n’est pas (...)
         
    • VIGILES

      • Mais que fait la police ?
        — Les malfaisants, les pünks, si vous êtes là, du calme, parce que nous sommes des vigiles ! (ouaf, ouaf !) — du calme, Schopenhauer ! [...] Car n’est pas vigile qui veut, monsieur ! (Sketch des Inconnus)
        [Lire également : Cap 250.000 vigiles.] Il était une fois une époque où la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, l’Estonie, la Lituanie montraient la voie. « La France en retard sur ses voisins européens », titrait Le Figaro (13 décembre 2008). Quoi ? Le post-communisme serait-il à la mode au sein de la rédaction dudit journal ? Il faut le (...)
         
      • Cap 250.000 vigiles
        « JOURNÉE D’INFORMATION. La sécurité se professionnalise et recrute : Avezvous toutes les informations ? Le jeudi 18 décembre 2008 à partir de 9h30. FORMATION PRÉVENTION SÉCURITÉ GÉNÉRALE et l’ANPE se mobilisent pour répondre à toutes vos questions, au centre de formation FPSG, 175, boulevard Anatole-France. RDC Immeuble Automne 93200 SaintDenis. Métro : Carrefour Pleyel (L13). Sécurité et Formation : L’impact de la crise sur la sécurité privée, l’aide à l’embauche, la professionnalisation et le recrutement dans le secteur... Présentation en exclusivité d’un panorama sur les métiers (...)
         
      • Ouverture du dossier
        Sommaire du dossier : Cap 250.000 vigiles Mais que fait la police ? On dit que les vigiles sont des épouvantails. Qu’ils ont les habits du policier, les pectoraux du policier, les chiens du policier, mais que ce ne sont pas des policiers. On dit que les vigiles nous demandent d’ouvrir nos sacs. On dit qu’en France, actuellement, les agents de sécurité privée sont deux fois moins nombreux que les forces de police publique. On dit que c’est pour notre sécurité. L'intégralité du dossier (17 pages) peut être téléchargée en cliquant sur le lien (...)
         
  • DROIT DE SUITE

    • L’amiante à Jussieu
      Que retiendrons-nous de la Présidence de Jacques Chirac à Paris ? Le Musée des Arts Premiers ? Trop modeste. Le Stade de France ? Trop loin. En fait, le plus beau chantier parisien lancé par sa volonté ne se voit pas : il s’agit du désamiantage du campus de Jussieu.
      Que retiendrons-nous de la Présidence de Jacques Chirac à Paris Nous sommes le 14 juillet 1996. Patrick Poivre d'Arvor et Alain Duhamel interrogent le président de la République sur le pessimisme des Français, les affaires politico-financières qui continuent à éclater, les projets de baisse d'impôts, la réforme de (...)
       
    • Jospin trotskiste
      En Juin 2001, le milieu politique et journalistique français bruisse d’aveux : ceux de Lionel Jospin sur son passé trotskiste. Mais derrière le jeu politique, une course médiatique ?
      Nous sommes le 5 juin 2001, vers 15 heures : Le Monde vient de sortir à Paris. À la Une, les révélations d'un ancien militant trotskiste, Boris Fraenkel, concernant le passé trotskiste de Lionel Jospin, qui a adhéré à l'Organisation Communiste Internationaliste au début des années 1960 et jusqu'au début des années 1970. Lors de la séance des questions au gouvernement, le député RPR François Goulard (...)
       
    • Le Général Aussaresses
      Le 3 mai 2001, le Monde publie les bonnes pages de l'ouvrage qu La guerre d'Algérie a bonne presse. Le sujet fait vendre et, en ce mois de mai 2001, la polémique gonfle autour du livre d'un ancien des services spéciaux en Algérie, le général Paul Aussaresses. C'est six mois plus tôt que cet officier supérieur était entré dans l'arène médiatique. Le 23 novembre 2000, il apparaissait aux côtés du général Jacques Massu, dans les colonnes du Monde, afin de témoigner officiellement de l'existence de la torture pendant la guerre d'Algérie. Cet entretien faisait suite à deux (...)
       
    • Tchernobyl
      Voilà un an, la France célébrait les 20 ans de la catastrophe d Voilà un an, la France célébrait les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl. Cela avait commencé par une annonce presque anodine, le 6 avril. Une organisation non gouvernementale, « Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire » affirmait que le nombre de victimes de Tchernobyl était largement sous-estimé par l'ONU (10.000 et 50.000 à venir dans les prochaines années contre 4.000 pour l'ONU). Greenpeace Russie y alla aussi de sa critique en soulignant que le rapport établi par l'ONU était destiné à relancer la (...)
       
  • EDITO

    • Édito (juin 2011)
      C'était notre ami. Le 13 avril 2011, Gonzague Rambaud a choisi de nous quitter. Gonzague, c'était Arenaud Poun dans Le Tigre. Il est difficile de faire partager notre tristesse infinie à des lecteurs qui ne le connaissaient pas. Mais il serait plus difficile encore de ne pas en parler. Nous avons souhaité, dans ce numéro, lui rendre hommage, en publiant quatre canulars réalisés pour Le Tigre et qui étaient restés inédits, et en parlant un peu de lui. Gonzague nous a tant fait rire, nous a offert tant de vie, nous a tant appris sur ce qu'être vivant veut dire ; il ne cessera de nous manquer. R.M. & (...)
       
  • ENQUÊTES

    • Icade à Bagneux
      Bagneux, ancien village horticole sur la Nationale 20, à deux kilomètres au sud de Paris. Ses 68% de logements sociaux. Sa député-maire communiste qui reçoit au dernier étage d’un hôtel de ville stalinien, vestige de l’ancienne « ceinture rouge » de la capitale. Et ses habitants en lutte contre le promoteur immobilier Icade. Depuis trente ans, Bagneux est le principal champ de bataille d’une guerre pour le logement social, dont l’issue finale s’est jouée au milieu de l’été (...)
       
    • Edward Gramlich, cassandre des subprimes
      Edward Gramlich, économiste américain, était un des gouverneurs de la Fed. Il est mort peu de temps après le déclenchement de la crise des subprimes, en 2007. Crise qu’il avait pressentie, alertant Alan Greenspan, le président de la Fed, des risques potentiels. Pourquoi n’a-t-il pas tout fait pour empêcher l’éclatement de la bulle immobilière ? Éric Monnet nous décrit les coulisses de la politique financière américaine dans les années (...)
       
    • Aux frontières sahariennes de l’Europe
      Depuis plusieurs années, l’Union européenne délègue aux pays du Maghreb et du Sahel une partie de sa lutte contre l’immigration irrégulière. Au milieu du Sahara, expulsions et reconductions à la frontière se multiplient. Dans le nord du Niger, Julien Brachet a accompagné un convoi de milliers de migrants de retour vers leur pays d’origine - la plupart expulsés de Lybie au nom de ces nouvelles règles européennes. C’est tout l’équilibre des échanges (...)
       
    • Les décharges de Coimbatore
      À Coimbatore, comme dans de nombreuses grandes villes d’Inde, le gouvernement a lancé depuis 2005 un vaste programme de gestion durable des déchets. Jérémie Cavé raconte pour Le Tigre sa visite d’une décharge publique de la ville. On y découvre la concurrence entre ramasseurs informels, marchands ambulants et employés muncipaux — tout un monde qui tire sa richesse de ce que la ville rejette. Qu’est-ce qu’un déchet ? À quel moment un objet devient-il ordure ou cesse-t-il de l’être (...)
       
    • Le travail en prison : où ça ?
      Dans Le Travail en prison (éditions Autrement, 2010), Gonzague Rambaud et Nathalie Rohmer ont enquêté sur le business carcéral. En 2008, 16000 détenus ont travaillé dans les prisons, majoritairement rémunérés à la pièce, sans contrat de travail, pour en moyenne 3,90 euros de l’heure. Si les entreprises profitent allègrement de cet eldorado économique, elles ne se vantent pas de leur présence dans les prisons françaises. « Pas besoin de le crier sur tous les toits », indique (...)
       
  • ENTRETIENS

    • Y avait tout ce sexe... et puis quelque chose de plus
      Entretien avec Jacqueline, directrice d’une boîte échangiste.
      Comment je suis arrivée là ? C'est le hasard, hein ! C'est le hasard. J'ai travaillé dans cette boite pendant dix-sept ans. J'étais infirmière scolaire la journée, j'avais mes deux enfants à élever et avec un salaire d'infirmière, j'y arrivais pas. Alors j'ai fait ça dix-sept ans, avec les deux boulots, la nuit et le jour. Au départ, j'habitais la province, une petite ville de (...)
       
    • La tendresse, c’est pas interdit
      Entretien avec André Zeïtoun, entraîneur de l’équipe de boxe thaï Team Zeïtoun (propos recueillis par Clément Charbonnier et Sylvain Prudhomme).
      On vient de voir Peau de boxeur, le film consacré à ton travail avec Jean-Charles Skarbowsky, que tu as conduit au titre de champion d'Europe. Ça parle peu de combat, encore moins de qui perd, qui gagne à la fin. On en oublie presque que c'est de la boxe... À la première projection, à Toulouse, il y avait beaucoup de gens qui ne connaissaient pas grand-chose à la boxe. Et là il y a une femme qui (...)
       
    • Entretien avec Gérard Schivardi
      Gérard Schivardi a marqué l’élection présidentielle de 2007. Des douze candidats, c’était le moins connu, et le moins préparé au jeu médiatique qu’impose une telle élection. Grâce à la règle d’égalité des temps de parole, cet artisan maçon, maire d’un village de l’Aude, a bénéficié d’une forte exposition médiatique. Son accent prononcé et sa bonhomie tranchaient avec le ton habituel des candidats. Le Tigre a souhaité l’entendre raconter, de l’intérieur, le récit d’une campagne (...)
       
    • "Une Afrique éblouissante, ça n’intéresse personne"
      Unanimement célébré par la critique française à sa sortie en mars 2005, le film documentaire Le Cauchemar de Darwin, d’Hubert Sauper, s’indigne d’un trafic monstrueux. Introduite dans les eaux du lac Victoria vers les années 1960, la perche du Nil alimente un commerce florissant à destination des restaurants des pays du Nord. Pendant ce temps, la région, spoliée, s’enfonce dans la misère. Pire, les avions qui viendraient chercher les (...)
       
    • La salle à manger de l’agriculture
      Le Salon de l’agriculture a ouvert ses portes. L’affiche pour le Salon ? le museau en gros plan d’une sympathique vache, avec le slogan : « Au plus près des terroirs. » Sur le même registre, des affiches publicitaires vantent « le lait de Pâquerette, le savoirfaire de Greg » pour vendre un fromage industriel (Bresse Bleu) ou, plus navrant encore, une verte prairie et une « faim de naturel » (Fleury Michon) pour vendre du jambon. L’élevage industriel des (...)
       
  • ENVOYÉ SPÉCIAL DANS MON ORDI

    • Envoyé spécial dans mon ordi (octobre 2011)
      Pour une raison obscure (tenant sans doute à la nécessité de socialiser après quelques semaines de relative interruption), je me suis mis à réutiliser le chat de Facebook. Non que j'y avais totalement renoncé, mais j'avais tendance auparavant, lorsque s'ouvrait inopinément une fenêtre dotée de son toujours surprenant « coucou, ça va ? », à me déconnecter dans la seconde, avant que naisse toute conversation, un peu comme vous faîtes brusquement demi-tour en apercevant (...)
       
    • Envoyé spécial dans mon ordi (septembre 2011)
      Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, les bonnes résolutions ne doivent pas se prendre en janvier, mais en septembre, quand la peau encore hâlée on trouve charmant de mettre un pull au crépuscule. Voici donc ce à quoi je m'engage, numériquement parlant, cette liste ayant valeur programmatique. Cette année, j'utiliserai enfin la tablette Kindle qui m'a été offerte en mars, et qui est encore vide de tout (...)
       
    • Envoyé spécial dans mon ordi, juillet-août 2011
      Il y a un an environ, j'ai fait l'acquisition d'un smartphone. Pour me la jouer, j'ai refusé d'acheter un Iphone et préféré un HTC équipé d'Androïd, le système d'exploitation de Google. Résultat, je suis allé sur Internet deux ou trois fois, la semaine qui a suivi l'achat. Depuis, j'utilise ce truc comme on utilise un téléphone portable depuis dix ans : pour passer des coups de fil et envoyer des textos. J'ai bien pris quelques photos, fait (...)
       
    • Envoyé spécial dans mon ordi (juin 2011)
      J'ai de Twitter une pratique irrationnelle. Mais pas au sens où l'on pourrait le croire. Depuis maintenant deux ans que je fréquente la plate-forme de micro-blogging, je n'ai développé aucune addiction, mon appétence pour le personal branding n'est pas plus dévorante qu'auparavant et je ne me sens soumis à l'injonction d'aucun suivi en temps réel de quelque flux que ce soit. De même qu'une journée sans information - je veux dire par là sans (...)
       
    • Envoyé spécial dans mon ordi (mai 2011)
      En règle générale, je suis assez peu sensible aux objets technologiques. Par exemple, il y a quelques mois, Canal + m'a offert en remerciement de quinze ans d'abonnement un jabulani - le ballon de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Ça m'a comblé bien sûr, mais pas plus d'une soirée. Pourtant, jabulani est un objet hautement technologique (texture grip'n'groove, soudage thermique etc.) qui, j'en suis pleinement conscient, mérite plus d'égards que quelques dribbles autour d'une table basse. Dès le lendemain, jabulani entamait son pourrissement sur la terrasse, entre une cuisinière (...)
       
  • FEUILLETON D’ACTUALITÉ

    • AFRICAINE QUEEN

      • Africaine Queen, 8
        Il n'y aura pas de carnets de Moussa. C'était la dernière occasion, elle est passée. Moussa devait venir me les porter accompagné de son grand frère. Non content de sécher le rendez-vous, le grand frère a finalement confisqué le cahier. Moussa furieux a fait appel à la seule personne qui pouvait encore intervenir, instance suprême dont l'évocation m'a un instant fait reprendre espoir : son père, qui, de Côte d'Ivoire, a tenté d'appeler le fils récalcitrant pour lui passer un savon et débloquer la situation. Hélas il n'a pas réussi à le joindre, et s'il m'est jamais donné de lire le (...)
         
      • Africaine Queen, 7
        « Et comment je vous reconnaîtrai ? — J'ai trente ans, les cheveux bruns... — Et moi j'en ai soixante... les cheveux blancs. » La porte du bistrot poussée, j'aperçois mon homme, assis à une table déjà : Pierre Prades, initiateur de la commission « monoactivité » du conseil de quartier Château d'eau-Lancry. Le calme amusé de sa voix au téléphone m'avait plu, je le découvre tel que je l'imaginais, réfléchi, posé. Comme je l'interroge sur la réalité des plaintes de riverains, il est formel : elle existent. Dans quelle proportion ? Toute la difficulté est de le savoir. Au conseil de (...)
         
      • Africaine Queen, 6
        « Ça ira mieux après les élections. » C'était le sentiment général il y a un mois au métro Château d'eau, après le durcissement du climat et la multiplication des arrestations de rabatteurs. Chacun attendait que l'orage passe, pensant que le bon score de la gauche aux régionales rassurerait la mairie et aiderait les choses à rentrer dans l'ordre. Deux semaines après le second tour, la tension reste palpable. Le quartier vit une période curieuse : désertion de la sortie de métro, repli prudent des rabatteurs sur les trottoirs d'en face d'où ils font leur possible pour continuer vaille que vaille (...)
         
      • Africaine Queen, 5
        Il y a deux semaines, j'évoquais la dénonciation dont venait d'être victime, de la part de concurrents jaloux, un ami gérant de salon. Ces guerres internes, ces rivalités entre salons et parfois entre clans, Château d'eau les a toujours connues. Moussa, gérant lui aussi, est arrivé il y a douze ans. Il a vu le quartier évoluer, certains clans étendre leur influence, d'autres reculer, disparaître. « À l'origine, Château d'eau, c'était des Congolais. Ce sont eux qui sont venus et qui ont tout créé, à partir de rien. » Mais ils étaient peu nombreux et des Nigérians les ont progressivement (...)
         
      • Africaine Queen, 4
        La femme africaine est belle. C'est le titre d'un post dans lequel la blogueuse Cordélia appelle ses lectrices à assumer sans complexes leur africanité. Non au défrisage et aux crèmes éclaircissantes qui dénaturent la femme africaine ! J'apprends de cette façon l'existence d'un débat : pour ou contre le défrisage. L'éloge de l'authenticité façon Cordélia suscite des commentaires enthousiastes, mais aussi des réactions agacées. Se faire défriser les cheveux, est-ce renier son africanité ? Nombre de lectrices invoquent la commodité du défrisage, plus simple à l'entretien que les tresses, (...)
         
    • DIAM’S SANS JEU DE MOTS

      • Diam’s sans jeu de mots, 6
        « Si la mort venait me dire il te reste que vingt minutes... Ben j'aurais souhaité la paix... Et j'aurais rappé dix minutes... » C'est fini. Je n'ai jamais parlé avec Diam's, mais à vrai dire je m'en doutais, Sébastien Catillon ne m'a pas rappelé (en revanche il répond au Monde, sympa), à un moment j'avais caressé l'idée de voir Joey Starr pour lui parler de Diam's qui l'a plusieurs fois cité comme modèle (« je rencontre mes légendes Joey Starr et Kool Shen »), et puis à quoi bon ? Le voyage, je l'ai fait. Pas seulement chez Catillon ou au concert d'Orléans, le (...)
         
      • Diam’s sans jeu de mots, 5
        20 mars, Orléans, l'Astrolabe. Les basses me font vibrer, la salle est petite, on est tous debout à dix mètres au plus de Diam's, il y a quelque chose d'un peu magique à être là, en arrivant j'ai dit que j'étais sur la liste, on m'a donné un autocollant « Auguri productions, AFTER SHOW ». After show veut-il dire que toutes les portes s'ouvriront ensuite ? On verra. Diam's est en pleine forme, ça bouge, c'est physique, c'est le moment de dire que je ne suis quasiment jamais allé dans ce genre de concerts et que je suis impressionné - mais aussi un peu déçu : sur scène, (...)
         
      • Diam’s sans jeu de mots, 4
        Stéphanie Binet a de l'humour puisqu'elle m'écrit « Dites donc, Raphaël Meltz, j'ai lu dans votre revue ce matin : Stéphanie Binet, de Libération, m'a promis une réponse pour le quatrième épisode. Je vous ai promis ça quand, moi ? On va boire un café, je n'ai pas dit que j'allais vous écrire après notre "rencontre". Vous n'êtes pas très rassurant comme interlocuteur, vous prenez les "tueries" de Diam's au pied de la lettre, vous interprétez les emails selon vos désirs. » Elle me convoque à 16h15 dans une brasserie près du canal saint-Martin. Pas de chance, elle (...)
         
      • Diam’s sans jeu de mots, 3
        Stéphanie Binet, de Libération, m'a promis une réponse pour le quatrième épisode. D'ici là, elle souhaite me voir : c'est le fameux et sacro-saint tropisme journalistique de la « rencontre », sans lequel il semble impossible d'écrire. Tropisme auquel je cède à mon tour en allant dans les bureaux du Big up project, l'association lancée par Diam's dont l'objet est de « contribuer à la protection et l'aide à l'enfance en difficulté notamment en Afrique » ainsi que de « promouvoir le dialogue, la solidarité et la diversité interculturels entre les jeunesses françaises et celle du monde (...)
         
      • Diam’s sans jeu de mots, 2
        « Qu'est-ce tu fais, là ? Sors de ton lit, vas-y, prends ton sylo, et craque. — Nan, j'ai plus envie, lâche-moi, j'fais plus rien. » (« Mélanie ») C'était bien la peine de créer un magnifique suspens autour de Stéphanie Binet : la journaliste de Libération, pour des raisons personnelles qui n'ont rien à voir avec le sujet, n'a pas pu me répondre. À suivre, à nouveau donc. D'autant qu'un lecteur avisé qui parle le langage des djeun's mais ne l'est plus vraiment (22 ans) me signale par sms : La phrase « si j'ai un mari qui tue ben j'm'en fous de la parité » doit (...)
         
    • IMPRIMER LE MONDE

      • Imprimer le Monde, 5
        L'avantage d'être un grand reporter c'est de voir le monde. L'avantage d'être un petit reporter c'est de rester dans un petit périmètre qui vous permet, l'enquête finie, de voir ou revoir des films donc E la nave va. A l'évidence, Fellini a un génie particulier pour imprimer le monde et les soutiers qui demandent aux baryton, ténor et sopranos de leur chanter les grands airs d'opéra italien qu'ils connaissent par coeur ont des conditions de travail autrement pénibles que les ouvriers du livre. D'emblée ce qui me frappe à l'intérieur du bâtiment, dès les (...)
         
      • Imprimer le Monde, 6
        Mon point de départ, déjà lointain, était un conflit social et la gare de l'Est. Le conflit avait pris la forme d'une grève, début janvier, puis d'un ballet de propositions autour d'un repreneur éventuel de l'imprimerie du Monde. S'il est sorti du salon de coiffure voisin, il est logique que le lecteur se demande où on en est et que l'auteur essaie d'apporter une réponse. À ce jour, rien n'est acquis (si je puis dire). Rien n'est perdu (non plus). Mais c'est moins l'imprimerie que le groupe lui-même qui pose problème. On dispute de l'hypothèse et de la nature (...)
         
      • Imprimer le Monde, 4
        Décidément on n'est jamais assez précis ni attentif. On ne coiffe pas le chapeau d'Albert Londres sans risque même si le risque est minime et si mon petit reportage n'embrasse pas les bagnards ni les coureurs cyclistes. À titre de consolation, on peut y discerner le signe sinon la preuve que le Tigre est lu, au moins par Marc l'ouvrier de la presse et par Baba Cool l'artiste à la tondeuse magique. Autant voir les choses du bon côté ; si le monde syndical est aussi complexe que le monde des mèches et des cosmétiques, la mise au point aimable de Marc veut éviter toute ambiguité : je (ne) suis (que) (...)
         
      • Imprimer le Monde, 3
        bonjour, v'là la suite. à part ça, j'ai un gros problème : je n'ai pas trouvé le chocolatier de mon confrère d'africaine queen. aurions nous le droit d'introduire de la fiction dans les articles ou de les bidonner ? bernard. Ivry est une ville industrieuse avec sa fabrique de plumes métalliques devenue manufacture des oeillets devenue ateliers d'artistes, avec son souvenir sucré de Pierrot Gourmand, avec les deux mille six cents entreprises dont elle se flatte, avec ses tas de gravats déversés au hasard vers les quais, normal, c'est là que passe le fleuve. Au bord de (...)
         
      • Imprimer le Monde, 2
        On n'est jamais assez précis. La rencontre du vendredi 12 février, rue de Varennes, a réuni une délégation syndicat et patronat du Monde et les représentants des pouvoirs publics. Une première entrevue entre les délégués syndicaux et l'ensemble des patrons éditeurs, le mardi 9, avait laissé augurer une solution positive. Elle confirmait officiellement la volonté de maintenir le site industriel d'Ivry et l'intention d'obtenir des fonds publics. Malgré les promesses, la réunion du vendredi n'a pas vraiment abouti. L'édition du Monde du même jour publie la photographie d'un (...)
         
    • L’HOMME QUI SAIT TOUT SUR TOUT

      • L’homme qui sait tout sur tout, épisode 2
        Nous partîmes plusieurs milliers dans les quatre villes de sélection ; mais après la première épreuve des dix questions fatidiques, nous ne nous vîmes plus que deux cents en arrivant au port, dans les studios de TF1. Car demain, les choses sérieuses vont commencer : c'est la demi-finale. Rendez-vous à huit heures dans les grands studios de La Plaine-Saint-Denis, le Cinecittà du buzzer, pour la première partie des qualifications. Après vérification des identités et des (...)
         
      • L’homme qui sait tout sur tout, épisode 1
        Printemps 2010. TF1 confirme que l'émission de jeu « Le Plus Grand Quiz de France » va connaître une deuxième saison. Dans quatre grandes villes de France se tiendront à la rentrée les sélections pour dénicher parmi les milliers de candidats attendus « le Français qui sait tout sur tout ». Sur le forum des jeux de France 2, les réactions des internautes n'ont plus rien à voir avec ce qu‘elles avaient été un an auparavant, lors du lancement de la première édition À (...)
         
    • LA BARBE

      • La Barbe, 5
        « C'est ta première action ? - Avec la Barbe, oui. Mais d'habitude je me baigne seins nus à la piscine. » Je viens d'engager la conversation avec Noëlle, sympathique jeune femme venue ce soir-là prêter main forte aux Barbues. Passé le premier réflexe goguenard (« Tu tombes le haut de maillot et tu gardes le bonnet ? »), je demande des précisions. J'apprends qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé d'exhibitionnisme mais du mode de militance d'un collectif féministe. Les Tumultueuses débarquent torses nus dans les piscines publiques de Paris, parfois flanquées de complices masculins (...)
         
      • La Barbe, 4
        « On nous attaque ! » La voix familière de François Chaslin, d'ordinaire égale jusqu'au monocorde sur France Culture, est à l'instant changée, légèrement éraillée. Neuf jeunes femmes aux visages dissimulés sous de fausses barbes avancent droit sur lui, interrompant la conférence qu'il est en train d'animer à la Cité Universitaire Internationale. Prenant à témoin les cinq éminents architectes invités à s'entretenir de « la conservation du patrimoine », l'une des assaillantes déclame : « Messieurs, en 2009 vous avez affiché un revenu individuel moyen près de deux fois supérieur à celui de (...)
         
      • La barbe, 3
        Paris, jeudi 18 mars 2010. Après maintes rencontres ajournées, je suis enfin conviée à la réunion bimensuelle de la Barbe, qui se tient ce soir à la Maison des Associations du 10ème arrondissement. Sur le quai du métro Pigalle, une affiche publicitaire pour les poêles à bois « Invicta ». Sur trois mètres sur deux, un quinquagénaire à dreadlocks et lunettes noires pose dans une attitude savamment décontractée. Il est entouré de deux jeunes femmes, une brune, une blonde, qui lèvent sur lui des yeux conquis et admiratifs. « Mes poêles les séduisent », clame le slogan. Dans le wagon, je trouve un récent numéro des (...)
         
      • Les barbes, 2
        Merci d'être velue ! (La Barbe épisode 2 : Conseil Général des Yvelines, suite) 9h20 : Dans un SAS, nous échangeons nos papiers d'identités contre des badges « visiteurs ». Un homme du service d'ordre, corps trapu et yeux d'épervier, camoufle sa méfiance sous un air jovial : « Bonjour mesdames ! Vous êtes là pour quoi ? C'est l'association Buc contre les nuisances sonores ? ». Nous, évasives : « But ??? Connaît pas. Non, nous on est là comme ça ». Nous traversons une cour pavée sous le regard de bronze d'un Général De Gaulle grandeur nature. Par un majestueux escalier, nous (...)
         
      • Les barbes, 1
        Merci d'être velue ! (La Barbe épisode 1 : Conseil Général des Yvelines) La barbe : du latin barba, « barbe de l'homme ». Depuis 2008 : groupe d'activistes féministes qui, affublées de fausses barbes, jouent les trouble-fête partout où la parité n'est encore que postiche. Après un échange de mails touffu avec le collectif, rendez-vous est pris. A ma demande d'assister à une réunion pour les besoins du présent feuilleton, elles m'ont répondu : action ! C'est à un débat d'orientation budgétaire au Conseil Général des Yvelines1 vendredi 19 février, 9h30, qu'est fixé mon baptême (...)
         
    • LE FANTÔME DE L’UNIVERSITÉ

      • Le Fantôme de l’Université, épisode 1
        Mercredi 27 octobre 2010. L'étudiante est assise sur les marches en bas de l'escalier. L'escalier mène au hall qui mène à la reprographie. Le hall permet aussi d'aller à la cafétéria et aux salles de cours du rez-de-chaussée. Les étudiantes et les étudiants, ainsi que plein d'autres personnes se rendent grâce à ce hall à l'extérieur, soit dans la cour avec de l'herbe, soit vers l'ancienne sortie ou entrée, fermée maintenant, où la baraque à frites (...)
         
    • LE SON ET L’IMAGE

      • Le son et l’image, 4 & 5
        Épisode 4. Alors que les applaudissements se poursuivent, je me faufile jusqu'à la sortie de la salle pour passer dans l'arrière-scène. J'ai retourné quarante fois dans ma tête les façons de passer les trois cerbères à une tête que j'imagine gardant la porte des artistes. Je bafouille un inaudible « j'ai rendez-vous avec François-René Duchâble », prête à décliner mon identité, sortir mes papiers, que sais-je encore ! mais ma phrase passe comme une lettre recommandée à la poste centrale. Je débouche sur une grosse pièce. Au milieu, une table avec des cafés, deux filles, sans doute du staff, (...)
         
      • Le son et l’image, 3
        MARDI 8 JUIN 2010 A 20:30. NORMAL 35 EUROS. PLACEMENT LIBRE. La porte vitrée du bâtiment moderne de la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg dit CONCERT COMPLET. J'entre ; je vois une longue file d'attente derrière un mystérieux panonceau : MANIFESTATION Enerest GAZ DE STRASBOURG. Je vais naïvement demander à l'accueil si le concert de Chopin correspond bien à la Manifestation Gaz de France : oui madame. Retournée dans la queue, avec l'air détaché de qui griffone ses rendez-vous de la semaine, j'ai bientôt l'impression d'avoir été placée par une main divine à côté de deux (...)
         
      • Le son et l’image, 2
        « C'est à mi-octobre 1998 que s'est produit le déclic : je donne une série de concerts au Théâtre des Champs-Elysées à Paris et durant la répétition, je m'emmerde, je me demande ce que je fais là, et je décide de me donner cinq ans pour quitter ce grand cirque, décision à laquelle je me suis tenu. » Pour clore le « grand cirque », un dernier numéro. J'écrivais, à propos des carcasses de piano jetées au fond du lac du Mercantour et du lac Léman du haut d'un hélicoptère : « les archéologues du futur croiront sans doute au naufrage d'un paquebot ». Hélas ! On ne lance pas impunément un Steinway au (...)
         
      • Le son et l’image, 1
        Un piano à queue déposé en hélicoptère à 1650 mètres d'altitude ; un piano à queue jeté dans un lac depuis un hélicoptère. Deux Steinway en sens inverse dans le ciel. Deux gestes tape-à-l'oeil, illustrant de manière trop descriptible, photogénique, télégénique, les états d'âme de qui ne s'adresse, pourrait-on présumer à la va vite, qu'à nos oreilles : un pianiste. Ce pianiste s'appelle François-René Duchâble. A propos de François-René Duchâble, je pourrais déverser en guise d'A.O.C. ces lignes convenues où se suivent les mots prodigue, prix, lauréat, concours, suivi de noms de villes et de (...)
         
    • LES P’TITS GARS D’AUBER

      • Les p’tits gars d’Auber, 3
        Tous les joueurs de foot disposent en théorie de deux pieds. Rares pourtant sont ceux dont on peut dire qu'ils ont un « pied gauche ». Pour certains, ce pied ne sert vraiment que lorsqu'il faut appuyer sur la pédale de l'embrayage. Il faut comprendre par là qu'un vrai bon gaucher est une denrée rare - et que toute bonne équipe doit en avoir un. À Auber, ce fameux « pied gauche » est l'apanage de Rachid Youcef. D'après le site du club : « son pied gauche chirurgical (sic) fait des ravages chez les gardiens adverses ». Samedi dernier, c'est encore lui qui a offert les deux passes décisives de (...)
         
      • Les p’tits gars d’Auber, 2
        « Vous allez finir par croire que j'ai l'emploi du temps du Président de la République... » Au bout du fil, Youssef Belkebla, directeur administratif du FCM Aubervilliers et seul salarié permanent du club. Depuis quelques semaines, des imprévus de dernière minute - une réunion à la ligue de football, une visite à un joueur hospitalisé - faisaient capoter tout projet de rencontre. Auber me donnait l'impression d'une forteresse imprenable. « Vous savez, on est des gens très pudiques, on ne se livre pas facilement. On ne peut pas à la fois faire des matches, des entrainements et répondre à toutes les (...)
         
      • Les p’tits gars d’Auber, 1
        Aubervilliers, proche banlieue parisienne. Entre le canal Saint-Denis, le cimetière de Pantin et l'A86. Ici s'étendait autrefois la plaine des Vertus - le plus vaste espace légumier de France. Navets pointus, choux de Milan hâtifs et oignons jaune paille faisaient la réputation d'Auber. L'endroit avait même gagné le surnom de « royaume du pot-au-feu ». Depuis, champs et potagers ont cédé la place à un tissu mal assemblé de tours, d'entrepôts et de vieux pavillons. Et au milieu de tout cela, un des derniers carrés de verdure : la pelouse du stade André Karman, terrain officiel du Football Club (...)
         
    • MADEMOISELLE

      • Mademoiselle épisode 5
        Ce cinquième épisode clôt le feuilleton d’Emilie Giaime sur le quotidien d’une vendeuse aux Galeries Lafayette, feuilleton qui est repris en livre, accompagné de photographies de Thibault Camus.
        « Bonjour Elena, vous allez bien ? » Une liasse d'affichettes « 3 Jours en Or » serrées contre son cœur, la chef de rayon passe à côté de moi sans un mot, pas même un regard. « Ohé ? Elena ! » Drapée dans son tailleur noir, elle me tourne le dos et s'éloigne d'un pas pressé. « Ayant pris la forme du magnanime Stentor à la voix d'airain, la divine Héra s'arrêta et lança un grand cri » (...)
         
      • Mademoiselle épisode 4
        En uniforme de pompier volontaire, Vincent est adossé contre l'un des piliers en bois de chêne qui délimitent le pourtour du stand, dans l'attitude de Robert Redford après qu'il ait bâti de ses mains, quelque part dans le désert hostile des Rocky Moutains, la merveilleuse cabane de Jeremiah Johnson. A intervalles réguliers, il se décroche de son poteau pour parcourir au ralenti les quelques pas qui le séparent du poteau d'après, sur lequel il se pose, me suivant de branche en branche comme je vais de barre en barre pour arranger les vêtements selon les photos du "merchandising" envoyées ce (...)
         
      • Mademoiselle épisode 3
        « Vous faîtes les pré soldes ? Vous mettez de côté ? Pourquoi chez Chanel ils mettent de côté et les petites marques vous mettez pas de côté ? » Une rousse quinquagénaire toute vêtue d'argent, talons aiguilles, caleçon moulant et manteau en renard, essaie un blouson en lamé or. « Ça me le fait à combien ? » Le temps de mettre la main sur ma calculatrice, je la vois fixer l'au-delà en mastiquant son chewing-gum avec l'énergie d'une moissonneuse-batteuse : « Zéro... zéro et je retiens trois... quatre fois cinq... vingt-trois mille deux cents par cent... cinq cent quatre-vingts moins deux cent (...)
         
      • Mademoiselle épisode 2
        2010, dernier lundi de l'année, 2°C à l'enseigne de la pharmacie rue de la Chaussée d'Antin, angle de la rue de Provence. Au premier étage des Galeries Lafayette, des silhouettes engoncées dans des épaisseurs de laine, duvet, peaux de bête, déambulent d'un pas un peu raide dans les allées surchauffées. Sur le stand, je déballe des t-shirts en lin couleurs cerise et abricot, des blouses en voile de coton rouge coquelicot, des robes de dentelle blanches comme des lys - la primeur du printemps-été : quelques pièces de la nouvelle collection. Des « pièces ». Au luxe, c'est ainsi qu'on appelle (...)
         
      • Mademoiselle, épisode 1
        « Mademoiseeêlle ! » Une robe de soie noire vient de s'élever au-dessus de la barre de vêtements et reste suspendue là-haut, comme un suaire ondoyant dans l'air climatisé. « S'il vous plaît... » insiste la voix avec impatience. À contrecœur, je contourne la structure arrondie du stand qui, avec ses armatures de fer et son socle en bois, a la forme d'un manège. « Dites-moi... C'est quoi comme couleur, ça, pour vous ? » demande la cliente en me mettant la robe sous le nez. Du visage anxieux, tenaillé par le doute, mon regard se porte sur le tissu, noir, incontestablement. C'est parfois (...)
         
    • SUBURBS. AUTOUR DU FORT D’AUBERVILLIERS.

      • Suburbs. Autour du fort d’Aubervilliers. Épisode 2
        Résumé de l'épisode précédent : Tourner autour. Lire. Choisir. Frédéric Joliot-Curie. L'invention de la bombe atomique. Fiction ? Maurice Pavy. Dans le Fort. Rachid Khimoune. Deuxième épisode. Pour qui s'intéresse à la question des sources d'information, il est d'usage d'opposer deux modèles d'enquête : l'enquête historique et l'enquête journalistique. La première fonctionne par recollation de sources, c'est-à-dire qu'elle en (...)
         
      • Suburbs. Autour du fort d’Aubervilliers. Épisode 1
        Pendant longtemps, cela s'est déroulé ainsi : je tourne autour du fort d'Aubervilliers. Je fais glisser ma petite silhouette rigide et orange perchée sur une flèche verte le long des rues qui encerclent le Fort ; cela s'appelle Google street view et dès que ça devient un peu intéressant, dès que j'entrevois des accès plausibles, dès que je sens que je vais pouvoir entrer, le trait bleu qui figure le trajet suivi par la Google Car (celle qui a pris toutes ces (...)
         
  • L’IMPUBLIABLE

    • Bienvenue au président Giscard d’Estaing
      Valéry Giscard d’Estaing, président de tous les Français entre entre le 27 mai 1974 et le 21 mai 1981, est connu pour plusieurs choses : avoir été élu à l’Académie française avec seize voix de plus que Balzac, avoir écrit un inoubliable roman d’amour entre un notaire et une auto-stoppeuse intitulé Le Passage, avoir éclairci le bleu du drapeau français afin de le rendre moins agressif, et enfin avoir ralenti le tempo de notre hymne national, La Marseillaise (...)
       
    • !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
      Des ° en guise de tétons, des ) figurant de seins de profil ou des hanches, un . pour le nombril, un O pour la tête, un ô pour le chapeau, des genoux repliés à base de , un vit bandé en !... C’est ainsi que dans les années 1980, au sein de la société JET7, Stephen Belfond et la graphiste Sophie Marin créent pour le Minitel une adaptation mémorable de Justine de Sade, pleine d’humour et (...)
       
  • PAGE LIBRE

    • Twitter : une révolution politique
      Le 9 juin à 3h21, Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'État au numérique, nous dit qu'elle Trouve qu'il n'y a vraiment plus de saison. Un effet du changement climatique ? Le 17 juin à 8h45, Nathalie Kosciusko-Morizet nous demande Cherche un site sympa sur les éco-mamans. Je n'en trouve pas en français. Vous en connaissez ? Et le 25 juin à 8h38, Nathalie Kosciusko-Morizet nous prévient : Attends les vacances pour éplucher les sites d'éco-mamans. Merci pour vos bons plans. Le 11 juillet à 0h12, Nathalie Kosciusko-Morizet nous informe La scène du concert U2 au stade de France est juste (...)
       
    • Editorial
      vert, pas mûr, Voici donc la troisième peau du Tigre : ce n’est plus un tigre, c’est un caméléon. Un peu de couleur et d’aération dans la maquette (a priori pas de quoi effaroucher ceux de nos lecteurs qui nous ont suppliés de ne pas céder aux sirènes de la presse à grand tirage), des mots plus gros (a priori de quoi satisfaire nos lecteurs myopes et hypermétropes), un incroyable cahier de huit pages (L’Almanach) et des nouvelles rubriques, soit un total de 104 pages, le tout au même prix, et toujours, bien sûr, sans publicité — si ce n’est des vraies-fausses pubs de style (...)
       
    • L’édition jeunesse et la merde
      Il est de bon ton de proposer, dans son journal, un article sur la littérature dite jeunesse à l’occasion du 23e Salon du livre jeunesse de Montreuil (du 28 novembre au 3 décembre 2007). Le Tigre souhaite s’associer à l’événement, et, après de longues discussions en conférence de rédaction, il a été décidé de faire le choix d’un angle original, nous permettant de nous distinguer de la concurrence. N’en faisons pas trop : le lecteur normalement constitué ayant lu le titre de cet article et regardé les images avant de commencer le texte, nous pouvons entrer dans le vif du sujet : crotte (...)
       
    • Chers lecteurs
      Chers lecteurs, Le Tigre devrait mourir. Parce que ce projet est aberrant économiquement : un petit journal sans trésor de guerre, sans publicité, sans réseau militant, sans visibilité médiatique, qui fait le choix d’être en kiosques et en librairies, ne devrait pas exister. Un journal où seul un demi-poste (une secrétaire de rédaction) est salarié, s’appuyant sur la bonne volonté de ses fondateurs et de ses auteurs, chroniqueurs, dessinateurs, photographes, qui doivent gagner leur vie par ailleurs, ne devrait pas exister. Un journal qui n’est toujours pas parvenu à vendre les quelques milliers (...)
       
    • Combien vaut un footballeur au kilo ?
      Le magazine France Football publie chaque année le palmarès des joueurs et des entraîneurs de footballeur les mieux payés. Mais, outre que ces chiffres, un peu trop élevés pour le commun des mortels, sont difficiles à appréhender (15,7 millions d’euros par an pour Thierry Henry), ils ont l’inconvénient de ne pas être relatifs. Voici deux classements beaucoup plus utiles : le salaire des footballeurs en fonction de leur poids, et celui des entraîneurs en fonction de (...)
       
  • PÉNOMBRE

    • Précisions
      Il y a bien deux types de pendaisons : « anglaise », avec chute (long drop) ou quasi-sans chute. La première entraîne la rupture des vertèbres cervicales et l'arrachement de la partie haute de la moelle épinière, d'où une mort quasi-instantanée, la seconde correspond à une strangulation, la mort survenant au bout de plusieurs minutes. Dans la pendaison avec chute, la longueur de la corde est calculée en fonction du poids du supplicié. Sinon, il y a risque de décapitation en raison de l'énergie cinétique accumulée pendant la chute. Ainsi Barzan Ibrahim, demi-frère de l'ancien président irakien, a-t-il (...)
       
    • « Un peu de dignité, voyons ! »
      Décidément, l'élève irakien pose des gros problèmes au maître américain. Après avoir obtenu un « Bien » décerné par George W. Bush, rectifié après double correction en un « Passable » dans sa première séance de travaux pratiques de Démocratie, voilà qu'il obtient carrément un « Mauvais » de Condoleeza Rice pour sa deuxième séance. Il faut dire que l'un des deux condamnés exécutés le 15 janvier a eu sa tête arrachée lors de la pendaison. Ça fait désordre ! Les données (...)
       
    • Démographie virtuelle
      Le 9 janvier 2007, le ministre Perben présentait les statistiques d'accidents de la route pour 2006. Avec 4700 morts contre 5320 l'année précédente, on nous explique que cela fait 620 « vies épargnées ». Et, la série étant en diminution depuis plusieurs années, on totalise en cinq ans 10000 « vies épargnées ». Déjà, on voudrait comprendre ce calcul. S'il y avait eu en 2006 autant de morts qu'en 2005, on en aurait certes compté 620 de plus qu'en réalité ; et, puisque ces morts ne sont pas survenues, on peut sans doute dire que ce sont autant de vies épargnées. Les lecteurs du Tigre se souviennent (...)
       
    • Chiffres ou manipulation publicitaire
      Salaires brut et net Dans un article intitulé « Les Européens iront en vacances en... Europe », le journal Le Monde, daté du 25 avril 2006, explique que « pour préparer leurs vacances, 91 % des Européens commencent par naviguer sur Internet, notamment pour comparer les prix, (...), comportement révélé par l'enquête réalisée par Ipsos à la demande du groupe Europ Assistance et publiée mardi 25 avril ». Voilà une affirmation fort étonnante, à double titre. 1/ Dire que 91 % des Européens, pour préparer leurs vacances, commencent par naviguer sur Internet, sous-entend que plus de 91 % des Européens (...)
       
  • PORTFOLIO

  • PORTRAIT GOOGLE

    • Marc L***
      Le Tigre est revenu, dans son volume 30, dans un article intitulé « Marc L. Genèse d’un buzz médiatique », sur l’emballement généré par ce « Portrait Google » . Le Tigre rappelle par ailleurs que cet article de deux pages a été publié dans le volume 28 du Tigre qui comportait, par ailleurs, vingt pages d’un dossier consacré aux Rroms.
      Bon annniversaire, Marc. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu'on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c'est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C'est sur toi (...)
       
  • PRESSE SPÉCIALISÉE

    • Eau magazine
      « Serment de maquerelle, on le pèse sans peine. Serment de maquereau pèse une araignée d’eau. » | Plaute | Le Persan | IIIe-IIe av. J.-C.
      Pureté Dimanche 8 avril au petit matin, la population de Saint-Venant-de-Paquette a doublé avec l'arrivée de plus 200 personnes venues procéder à la traditionnelle cueillette de l'eau de Pâques. Pour conserver toutes ses vertus, le liquide doit être récolté avant le lever du soleil et en eau courante. Propreté Le Service des travaux publics de la Ville de Shawinigan débutera les travaux de (...)
       
    • Boulangerie Magazine
      « Un garçon boulanger à Paris gagne plus que deux douaniers, plus qu'un lieutenant d'infanterie, plus que tel magistrat, (...) il gagne autant que six maîtres d'école ! » | Jules Michelet | Le Peuple | 1846 Émiettement Evolution de la consommation de pain au cours de l'histoire (en grammes de pains consommés par jour et par habitant) : 1900 : 900 ; 1920 : 630 ; 1950 : 325 ; 1960 : 265 ; 1970 : 200 ; 1980 : 175 ; 1990 : 160. Pétrin Deux ans après avoir vécu d'importantes difficultés financières, la Boulangerie Saint-Méthode d'Adstock, dans la région de l'Amiante au (...)
       
    • Déodorant-mensuel
      « Le succès est un déodorant extraordinaire. Il masque toutes vos odeurs passées. » Elizabeth Taylor, ABC TV, 6 avril 1977. Contre-coup L'aéroport de Manchester fait face à des actes de vandalisme depuis le renforcement de l'interdiction de transporter des liquides en avion : un homme qui venait de se voir confisquer son déodorant a uriné dans un sac plastique devant le personnel de sécurité (février 2007). Faille Une équipe internationale de chercheurs a mis au point un système de décodage de l'empreinte olfactive unique de chaque individu. La technique pourrait être inclue dans les passeports (...)
       
  • RÉCIT

    • Lagardère²
      Un texte d'Arnaud Lagardère Antoine Zéo dans la peau d’Arnaud Lagardère en ce samedi soir 24 septembre 2011 avec des photographies (D.R.) tirées du site de la discothèque du Carré www.carre.be "After a few clicks you'll receive all information to have your own mega birthdayparty at Carré, including free entrance-tickets for as many friends you want to invite and a Bottle of Laurent-Perrier champagne." Bon, là-dessus au moins, on ne peut pas dire qu'ils se soient moqués de nous, les Belges. J'avais dit à Jade : « Invite tout le monde, chérie, tous tes amis, ça va être génial. » Elle a (...)
       
    • Nafissatou, tabou ! tabou !
      Comment France 2 s'en vint à Ziguinchor (à propos du reportage télévisé diffusé le 25 mai 2011, sur France 2, au JT de 20 heures) Un reporter en plan fixe, micro au poing, air grave de l'envoyé spécial en zone dangereuse. Il a tombé le gilet pare-balles, lève courageusement son front nu au vent africain. Rentre un peu les épaules à l'envol d'un oiseau, crainte légitime d'une rafale de kalache, d'un lâcher de bombes, d'un coup de queue de python ou d'une piqûre de flèche empoisonnée susceptible de le ravir à tout moment à nos (...)
       
    • De la mondialisation appliquée à l’édition
      La maison d’édition Masson existe depuis plus de deux cents ans. Elle subit aujourd’hui une « modernisation » à marche forcée due à son intégration dans un groupe international. Récit, de l’intérieur, de ces transformations.
      On ne vient pas par hasard à Issy-les-Moulineaux, deuxième poumon économique des Hauts-de-Seine après La Défense [586] et fief électoral d'André Santini [587] : dans le RER du lundi matin, à part (...)
       
    • Sept secondes avec Messi
      Barcelone, mardi 8 mars 2011. La scène est au stade du Camp Nou, rempli par un peu moins de 100 000 personnes. Le temps est frais, la pelouse « en bon état ». 21 heures 33 : à la 48e minute du match entre le FC Barcelone et le Arsenal FC, en 1/8 de finale retour de la Ligue des Champions, Lionel Messi, attaquant argentin de l'équipe locale, marque un but, permettant à son équipe de mener par 1 à 0 juste avant la mi-temps. C'est ainsi que la chose est archivée sur les almanachs de l'UEFA, la confédération européenne de football qui organise la compétition ; les fiches techniques des journaux spécialisés la (...)
       
    • Pourquoi (pas) Le Monde ? [texte intégral]
      Vers la fin de mon audition, je tente : Je veux du gonzo, même ! Du Hunter Thompson au Monde ! Sourires amusés de mes interlocuteurs, manifestement dubitatifs. Je reprends. Bon, d'accord, du gonzo soft... Allons-y donc pour du gonzo soft. Je ne sais même plus quand j'ai eu l'idée, ou l'envie, la première fois. Je me souviens d'une première hésitation, toute fin décembre 2010, en voyant que les candidatures pour diriger Le Monde étaient ouvertes jusqu'au (...)
       
  • REPORTAGES

    • Peugeot 106 et Phantom V
      Il existe en France plus de quatre mille musées. Parmi ceux-ci, plus de soixante-dix musées automobiles. Parmi ceux-ci, un seul consacré aux voitures des chefs d’État. Une visite s’imposait au château de Montjalin, dans l’Yonne. En contrepoint au dossier consacré aux injures à chefs d’État, un hommage à leurs voitures !
      Autant le dire d'entrée de jeu, je suis l'heureux propriétaire d'une Peugeot 106, année 1995, modèle dit Kid : comprendre que les housses des sièges sont revêtues de jean. Pour venir visiter le musée des Voitures présidentielles, ça fait mauvais genre. Coup de (...)
       
    • Le cheval de l’ajustement industriel derrière la charrue de la croissance
      Colloque Coface consacré aux « tendances majeures de l’économie mondiale », 17 janvier 2011.
      Il est doux, par un jour d'hiver blanc et vide, de flâner quelques heures dans une galerie commerciale. Tout est propre, climatisé. L'électricité dispense démocratiquement une lumière jaune sur les articles en solde et les clients ravis. Le sol est lisse : avec un (...)
       
    • Dans les poubelles des riches
      Texte : Raphaël Meltz & Antoine Zéo. Photos : Claire-Lise Havet.
      « Non, je peux pas vous laisser entrer. Les fourgonnettes, c'est interdit après 22 heures. » Il est 22h50, en cette fin novembre 2010. Il pleut, les premiers froids tombent sur Paris. Dans notre vieille Renault Express, nous comprenons que notre opération commando est en train de capoter à cause d'un détail imprévisible du règlement de copropriété. Heureusement notre passeur habite sur place : il connaît bien le gardien. Grand sourire complice : « C'est juste pour une heure, on va boire un verre et ils repartent. » « Bon, d'accord, (...)
       
    • Ziguinchor diaw diak
      Après avoir été membre de la rédaction du Tigre (formule quinzomadaire), Sylvain Prudhomme s’est installé à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal. De là-bas, il nous écrira régulièrement.
      Diaw diak : Vas-y bien ; vas-y tranquille. C'est ce qu'on dit en diola aux cyclistes. C'est ce que me souffle Mathias, le voisin, comme j'enfourche ma monture chinoise flambant neuve, achetée le matin même au marché Boucotte, alias Saint-Maur-des-Fossés (jumelage oblige). Sur le cadran bleu roi il y a écrit : DLC DELUXE. Le fer-blanc brille, la sonnette tinte, les pare-chocs en feuille d'alu (...)
       
    • Au procès du procès Banier
      Le 15 avril 2010, le photographe et écrivain François-Marie Banier comparaissait devant le tribunal de Nanterre, dans l’affaire d’extorsion présumée envers Liliane Bettencourt, la propriétaire de L’Oréal. À l’audience, il fut moins question du prévenu que de la validité du procès, Liliane Bettencourt et sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, s’opposant par avocats interposés.
      Après quelques coups de fil inquiets à la 15e chambre du tribunal de Nanterre, la sentence tombe : « La séance est publique, vous n’avez pas besoin de vous faire accréditer. » Le simple citoyen (...)
       
    • REPORTAGE À 100 EUROS

      • De Brest à Brest
        Nous étions invités (nous : SP & RM), ce week-end-là, à un festival à Brest. C’est ainsi qu’est née l’idée de ce reportage à 100 euros : un mauvais jeu de mot. Traverser l’Europe d’ouest en est, de France en Biélorussie, pour clore cette rubrique du Tigre qui, comme on le dit des ministres, ne sera pas là au prochain remaniement de formule. Suite à des changements d’emplois du temps, nous avons annulé notre présence au festival. Nous avons hésité : tenter un Marseille-Odessa ? La joie de l’homonymie a été la plus forte : têtus comme des mules, nous avons maintenu le (...)
         
  • REPORTAGES PHOTOGRAPHIQUES

  • REVUE DE PRESSE

    • Bang !
      « Bonjour à tous. En équilibre sur la barre du seuil de pauvreté, je ne parviens pas à vivre décemment malgré mon emploi. La politique menée par monsieur Sarkozy ne va pas favoriser l'augmentation de mon salaire, aussi j'ai décidé de me lancer dans le grand banditisme, comme d'autres dans la peinture ». Au Tigre, même si nous réprouvons par principe toute activité illégale, nous avons le cœur sur la main. Aussi avons-nous pris au sérieux cette requête laissée sur un forum par un internaute désespéré. Et décidé de vous donner un petit coup de pouce dans votre nouvelle carrière, ô vous, braqueur en (...)
       
    • Libération contre les rumeurs
      Lorsque la presse papier tangue, c’est le web qui trinque. Voilà la conclusion de cette drôle de querelle qui a opposé en octobre 2007 Libération aux « rumeurs » autour du divorce de Nicolas Sarkozy. Récit en cinq actes.
      Premier acte. Le site bakchich.info [cf. les liens infra] annonce, dans une brève, le jeudi 4 octobre : « Cécilia Sarkozy pourrait annoncer ce week-end sa rupture avec son mari Nicolas. » (notons, d’ores et déjà, le conditionnel). Et détaille : «
       
    • Stars sur papier glacé
      Ô intellectuels rebutés par la presse de caniveau, ô belles âmes effrayées par les V.I.P., venez effleurer un peu des émotions de vos contemporains en découvrant cette revue des hebdos people ; vivez par procuration les sentiments du Français moyen.
      Presse « pipe », pipeau, people... Exit Ici Paris et France Dimanche, vraiment trop cheap du haut de leur 1,20 €. Exit Match et VSD, trop généralistes, et Point de vue, trop élitiste. On veut du lourd. Restent, par ordre d’ancienneté, Voici (no 1036 : 1036 semaines qu’on rate Voici !), Gala, Public et Closer. Toute la presse, (...)
       
    • Tourner autour du pot
      Les quotidiens, comme chacun a pu en faire l’expérience, sont particulièrement denses les mois d’été. La taille des jupes se réduit en même temps que la pagination, mais les esprits chauffent, et la teneur intellectuelle des propos étourdit. L’un des sommets semble atteint avec l’interview de Jean-Michel Raynaud, l’homme aux mille pots de fleur, dans Libération du 4 août.
      Petite fable de l'Artiste et du Journaliste. Jean-Michel Raynaud est cet artiste qui installe des pots de fleur de toutes les tailles (mais souvent géants) dans des lieux comme des musées, des centres (...)
       
    • Les forces de l’esprit des blogs
      Le blog d’un certain François Mitterrand, revenu d’entre les morts pour commenter l’actualité politique. Un journaliste qui s’offense. Un autre qui lance une pêche aux rumeurs sur son blog avant de les recycler dans un grand quotidien... Pour tenter de dêmeler les rapports ambigus entre papier, web, anonymes, célébrités, une seule solution : refaire le match.
      Pressée par le temps, par ces millions de gigabits qui circulent dans les tuyaux, la blogosphère vit en l'espace d'une semaine ou deux des crises qui, autrefois, se seraient déroulées sur plusieurs (...)
       
  • THÉORIE

    • La peur du gendarme
      Le Tigre « Depuis le premier jour où je l'ai vu / Je suis paralysé je ne respire plus / Et quand je pense trop, j'ai tellement froid dans le dos / Que même les esquimaux n'en reviendraient pas / (...) Peurrr (sic) du gendarme ! Peurr du gendarme ! (...) ». C'est Patrick Topaloff qui, en 1976, sur l'obscure face B d'un 45 tours non moins obscur - Perlinpinpin - confiait à son public, non négligeable à l'époque, la vive terreur que lui inspirait l'uniforme de la maréchaussée. Au-delà du cas très particulier de M. Topaloff, peut-on postuler l'universalité de ce (...)
       
    • Le doux commerce
      Ou « L’effet naturel du commerce est de porter à la paix » (Montesquieu, De l’esprit des lois, 1758)
      Le Tigre Dans le débat, toujours recommencé, sur le caractère proprement scientifique de l'économie en tant que discipline académique, il est souvent fait grief aux économistes de leur incapacité à formuler des conclusions claires et univoques. Le président de Etats-Unis d'Amérique, Harry S. Truman est resté célèbre - dans le monde académique - pour une de ses sorties rageuses : « trouvez-moi a one-handed economist ! », ses conseillers chargés de formuler des (...)
       
    • Gimme ! Gimme ! Gimme !
      Le Tigre Sans doute, le vieux sage maori Tamati Ranaipiri n'imaginait-il pas en confiant ses vues sur le hau, l'esprit des choses, à l'ethnographe néozélandais Elsdon Best que la teneur de ses propos ferait encore l'objet de commentaires et de controverses à plusieurs décennies de distance. Ces déclarations seraient d'ailleurs restées totalement méconnues, si Marcel Mauss n'était pas tombé, un peu par hasard, sur une de leurs transcriptions, en compulsant une fiche établie par son élève et ami Robert Hertz : « Je vais vous parler du hau... Le hau n'est pas le vent qui (...)
       
    • Le saut périlleux de la marchandise
      Le Tigre Dans son célèbre et, dans une large mesure, détestable Avertissement aux lecteurs du livre I du Capital [755], Louis Althusser déploie toute sa science rhétorique pour dissuader le lecteur - et tout particulièrement le lecteur bourgeois - de se plonger dans les développements de « la terrible section I » de l'ouvrage. Celle-ci concentrerait de telles difficultés théoriques que le lecteur est invité - et cette recommandation est présentée comme impérative - à « mettre provisoirement entre parenthèses toute la section I, et [à] commencer la lecture par la section II [756] : la (...)
       
    • La fin des civilisations
      Les civilisations sont mortelles, mais certaines se sont suicidées, l’histoire humaine en donne quelques exemples. Pour Jared Diamond, il s’agit à chaque fois d’un « suicide écologique ».
      Le Tigre Le comte de Mirabeau fait quelque part cette remarque - étrangement prémonitoire - que « la roche tarpéienne est proche du Capitole [771]. Ce faisant le grand homme, qui connaît ses humanités, entend simplement rappeler que la chute et la déchéance peuvent suivre de près les honneurs et la reconnaissance. Il a oublié d'ajouter que cette séquence tragique trouve autant à s'appliquer à la (...)
       
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