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Publié dans le
volume I (avril 2007)
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Voilà un an, la France célébrait les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl. Cela avait commencé par une annonce presque anodine, le 6 avril. Une organisation non gouvernementale, « Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire » affirmait que le nombre de victimes de Tchernobyl était largement sous-estimé par l’ONU (10.000 et 50.000 à venir dans les prochaines années contre 4.000 pour l’ONU). Greenpeace Russie y alla aussi de sa critique en soulignant que le rapport établi par l’ONU était destiné à relancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en Russie. Même dénonciation lors de la manifestation qui à Cherbourg le samedi 14 rassembla entre 12.500 et 30.000 manifestants contre l’EPR. Quelques temps auparavant, les organisateurs avaient lié la manifestation aux 20 ans Tchernobyl. Les médias embrayèrent. Ce week-end là, les journaux proposèrent dossiers et rétrospectives. Une première vague. Car la température monta lentement tout au long de la semaine suivante. La télévision et l’actualité éditoriale prirent le relais. Une semaine avant le 24 avril, date de la commémoration, les documentaires et reportages, spécialement conçus pour l’occasion, envahirent nos petites lucarnes. On eut droit au récit de la catastrophe et de l’engagement des hommes, « La bataille de Tchernobyl », aux enquêtes sur les conséquences sanitaires, « Passé sous silence », « Tchernobyl et après », à un dossier THEMA d’Arte, « 20 ans après, les retombées de Tchernobyl ». France 3 Corse parvint à faire du local avec l’Ukraine, « Corse, le mensonge radioactif ». Les maisons d’édition avaient senti le vent venir. Et dans le courant de la semaine du 24, les chroniqueurs dressèrent la liste des nouvelles parutions sur le sujet. Surtout des études et des reportages : Atomic Park, à la recherche des victimes du nucléaire, Retour de Tchernobyl, Tchernobyl, retour sur un désastre, Les silences de Tchernobyl. Parfois des témoignages sur le lobby nucléaire, Le crime de Tchernobyl, La philosophie de ma vie, journal de prison d’un médecin qui mit en évidence les conséquences médicales de la catastrophe avant d’être emprisonné. Jusqu’à la BD de Chantal Montellier Tchernobyl, mon amour. Et, lorsque les célébrations fusèrent le 24 avril, on put regarder les reportages d’envoyés spéciaux qui montraient des centaines d’ukrainiens déposant des fleurs sur le site de la centrale avec, en fond sonore, les musiques des 13 chansons de « Tchernobyl 20 », l’hommage musical aux victimes de Tchernobyl, conçu sous la houlette de Greenpeace et de la FNAC.
L’épilogue de cette série eut lieu le 31 mai, avec la mise en examen du professeur Pierre Pellerin, qui avait affirmé en 1986 que la radioactivité en France ne méritait pas de mesures spécifiques, pour « tromperie aggravée ». Le vent de l’histoire avait soufflé. Et cette année, commérera-t-on les 21 ans de Tchernobyl ?