MER26JUI2017
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Africaine Queen était à l’origine un feuilleton paru dans Le Tigre entre février et avril 2010. C’est devenu un livre de Sylvain Prudhomme, dans une version rallongée et agrémentée de photos d’Arnaud Claire (voir cette page).
  • Africaine Queen, 8
    Il n'y aura pas de carnets de Moussa. C'était la dernière occasion, elle est passée. Moussa devait venir me les porter accompagné de son grand frère. Non content de sécher le rendez-vous, le grand frère a finalement confisqué le cahier. Moussa furieux a fait appel à la seule personne qui pouvait encore intervenir, instance suprême dont l'évocation m'a un instant fait reprendre espoir : son père, qui, de Côte d'Ivoire, a tenté d'appeler le fils récalcitrant pour lui passer un savon et débloquer la situation. Hélas il n'a pas réussi à le joindre, et s'il m'est jamais donné de lire le (...)
     
  • Africaine Queen, 7
    « Et comment je vous reconnaîtrai ? — J'ai trente ans, les cheveux bruns... — Et moi j'en ai soixante... les cheveux blancs. » La porte du bistrot poussée, j'aperçois mon homme, assis à une table déjà : Pierre Prades, initiateur de la commission « monoactivité » du conseil de quartier Château d'eau-Lancry. Le calme amusé de sa voix au téléphone m'avait plu, je le découvre tel que je l'imaginais, réfléchi, posé. Comme je l'interroge sur la réalité des plaintes de riverains, il est formel : elle existent. Dans quelle proportion ? Toute la difficulté est de le savoir. Au conseil de (...)
     
  • Africaine Queen, 6
    « Ça ira mieux après les élections. » C'était le sentiment général il y a un mois au métro Château d'eau, après le durcissement du climat et la multiplication des arrestations de rabatteurs. Chacun attendait que l'orage passe, pensant que le bon score de la gauche aux régionales rassurerait la mairie et aiderait les choses à rentrer dans l'ordre. Deux semaines après le second tour, la tension reste palpable. Le quartier vit une période curieuse : désertion de la sortie de métro, repli prudent des rabatteurs sur les trottoirs d'en face d'où ils font leur possible pour continuer vaille que vaille (...)
     
  • Africaine Queen, 5
    Il y a deux semaines, j'évoquais la dénonciation dont venait d'être victime, de la part de concurrents jaloux, un ami gérant de salon. Ces guerres internes, ces rivalités entre salons et parfois entre clans, Château d'eau les a toujours connues. Moussa, gérant lui aussi, est arrivé il y a douze ans. Il a vu le quartier évoluer, certains clans étendre leur influence, d'autres reculer, disparaître. « À l'origine, Château d'eau, c'était des Congolais. Ce sont eux qui sont venus et qui ont tout créé, à partir de rien. » Mais ils étaient peu nombreux et des Nigérians les ont progressivement (...)
     
  • Africaine Queen, 4
    La femme africaine est belle. C'est le titre d'un post dans lequel la blogueuse Cordélia appelle ses lectrices à assumer sans complexes leur africanité. Non au défrisage et aux crèmes éclaircissantes qui dénaturent la femme africaine ! J'apprends de cette façon l'existence d'un débat : pour ou contre le défrisage. L'éloge de l'authenticité façon Cordélia suscite des commentaires enthousiastes, mais aussi des réactions agacées. Se faire défriser les cheveux, est-ce renier son africanité ? Nombre de lectrices invoquent la commodité du défrisage, plus simple à l'entretien que les tresses, (...)
     
  • Africaine Queen, 3
    En entrant chez le chocolatier Tholoniat, aujourd'hui cerné de salons de coiffure africains, je m'attends à tomber sur un homme usé. Je sais qu'il prend sa retraite à la fin du mois. Il me semble déjà l'entendre : lassitude d'un quartier dégradé, amertume d'un départ forcé après des décennies de loyaux services. Tout faux ! À l'écoute de mes questions, le chocolatier sourit. Personne ne le pousse vers la retraite. Il abandonne une affaire prospère, pour profiter des belles années qui lui restent. Quant aux rabatteurs des salons qui traquent le client jusque devant sa porte, il rit de bon (...)
     
  • Africaine Queen, 2
    Château d’eau est né il y a vingt-cinq ans. Château d’eau, ou en tout cas ce qui caractérise aujourd’hui si visiblement, si ostensiblement les abords du métro du même nom : la centaine de salons de coiffure afro-caribéens et de boutiques de cosmétiques qui en font le temple de la coiffure africaine en France, connu jusqu’en Côte d’Ivoire et dans toute l'Afrique. Étoiles du rap, femmes de grands dirigeants africains, stars du football européen, mais aussi ados fauchés aperçus l'après-midi du 31 décembre en train de négocier un coup de tondeuse à cinq euros – le quartier a (...)
     
  • Africaine Queen, 1
    Comment ça, tu vas pas gagner d’argent avec ton reportage ! Comment ça ! Attends mon frère, je vais te propulser, moi. Parole de Baba, « l'artiste à la tondeuse magique », ivoirien d’origine, installé 57 Boulevard de Strasbourg sous l’enseigne Dallas Afro Beauté, métro Château d’eau, à Paris. Baba Cool « coiffeur de stars », que sa carte de visite montre effectivement bras dessus bras dessous avec des icônes de la scène musicale black auxquelles il vient de tondre la bille, DMX, Passi, Mokobé, Alibi Montana et d’autres que j’ai le malheur de ne pas reconnaître immédiatement. (...)
     
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