SAM18MAI2013
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Les réseaux parisiens.
Les réseaux parisiens.
  • Réseaux : pneumatiques
    « Vers quatre heures, il reçut un petit bleu de sa maîtresse, qui lui disait : "Veux-tu que nous dînions ensemble ? nous ferons ensuite une escapade." Il répondit aussitôt : "Impossible dîner." » Maupassant, Bel-Ami. Le télégraphe de Chappe, vaincu par le brouillard et la nuit, finit par céder la place. Mais la magie du télégraphe électrique est étouffée par son succès - ou, d'après Maxime Du Camp, par le lyrisme administratif des fonctionnaires, qui encombrent les lignes de missives trop polies. Toujours est-il qu'une dépêche qui franchit les frontières à une vitesse défiant (...)
     
  • Bougez
    D’après Roubaud d’après Queneau : Le Paris où vous flânâtes N’est pas celui où nous marchons Et nous avançons sans hâte Vers celui où nous bougerons.
    La ville qui a inventé la flânerie aurait perdu ses promenades. Heureusement, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) les a retrouvées et se charge, dans le cadre de sa campagne « Bouger au quotidien », de nous montrer le chemin. On croyait savoir depuis Antonio Machado que pour le « marcheur, il n'y a pas de chemin, / le chemin se fait en marchant. » Mais non, le (...)
     
  • Les "espaces civilisés"
    « - La nation s'est donc remise en plein courant de civilisation, tandis que je sommeillais ? Le progrès extravase donc ? [...] Si vous voulez bien le permettre, Paris est réellement civilisé, voilà tout. » Louis Desnoyers, Un songe-creux de Robert-Robert en 1832 : Paris civilisé. La furie des « axes rouges » qui marquaient Paris au fer est derrière nous. L'instrument de la pacification est un « concept », tout théorique quand il fut dévoilé en 2001, bien réel aujourd'hui qu'il a présidé au remodèlement de plusieurs artères labellisées. On n'en connaît pas la couleur, mais bien le nom, celui (...)
     
  • LE P.I.L.I.
    « Comparer l'homme à un tableau de commande avec des milliers d'ampoules ; tantôt les unes s'éteignent, tantôt les autres, avant de se rallumer. » Walter Benjamin, Paris capitale du XIXe siècle. On ne sait pas bien comment ils s'appellent, peut-être justement parce qu'ils portent ce nom, à la fois transparent et précis, comme seule pouvait en produire la rencontre, dans les années trente, de l'administration et de l'électrotechnique : ce sont des « plans indicateurs lumineux d'itinéraires », en abrégé, PILI. Gigantesques plans de carton ajouré qui ont fait du métro (...)
     
  • La Bièvre
    « Il n'est pas de Paris, il ne sait pas sa ville, celui qui n'a pas fait l'expérience de ses fantômes. » Jacques Yonnet, Rue des Maléfices. Il y a un café rue Corvisart, qu'on a repeint un jour en blanc, et où quelques habitués affublés de surnoms se cramponnent encore à un comptoir, auquel ils cherchent sans désespoir le souvenir du zinc. J'y aurais pris un verre et je l'aurais oublié, si le serveur ne m'avait pas lancé un « Bienvenue dans la république de Croulebarbe ! », exagéré d'un ample geste de la main en direction du square où s'agitaient les enfants d'un (...)
     
  • Les égouts
    « Il creusait des égouts magnifiques. » (Jules Simon, Le Gaulois, mai 1882 : éloge d'Haussmann que ce dernier cite dans ses Mémoires.) « Paris a sous lui un autre Paris ; un Paris d'égouts ; lequel a ses rues, ses carrefours, ses places, ses impasses, ses artères, et sa circulation qui est de la fange, avec la forme humaine de moins. » Paris est la ville totale, poursuit Hugo au début de l'épopée souterraine de Jean Valjean dans Les Misérables, et « là où il y a tout, il y a l'ignominie à côté de la sublimité ». Seulement Paris ne fait rien à moitié : l'« abject » ne saurait y être que « (...)
     
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