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Publié dans le
volume IX (mai-juin 2008)
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Définition. Bordeline, pour moi c’est « à la limite de ». À la limite d’être destabilisé, d’être emporté sur des terres inconnues, d’aller toujours vers un imprévu qui peut être dangereux parfois. Borderline, c’est ça : à la limite du danger. Frôler le danger, frôler la folie parfois, et à partir de cette émotion amoureuse, être entraîné dans des états qu’on ne soupçonnais pas. Exemple. Avec une amie de ma mère, la meilleure amie de ma mère, enfin, presque, elles ne s’étaient pas vues depuis vingt ans. On s’est rencontrés par hasard, on s’est présentés. Je lui ai dit qui j’étais, elle m’a dit qui elle était. Elle a eu immédiatement un rôle très maternel, protecteur vis-à-vis de moi, dans nos premières fréquentations, mais en même temps autoritaire. Elle me dominait, elle me dominait clairement. On s’est fréquentés parcequ’il se trouvait qu’elle était divorcée, qu’elle était seule, que j’étais un petit peu seul, et puis, de par mon histoire, toujours en carence d’éffection maternelle, quelque part. Et on s’est fréquentés amicalement. Et, plus elle était acariâtre, plus elle était dominatrice, plus elle suscitait chez moi une émotion forte et le sentiment amoureux. On a donc eu une relation amoureuse pendant quelques mois. Elle était borderline cette relation, parce qu’elle était à la limite du malsain, de l’indécent. D’une part une amie de ma mère, c’est un petit peu incestuel, d’autre part la dominiation qu’elle exerçait sur moi alors que je me veux un homme libre, et dans le couple, je tiens à ce que chacun garde sa liberté, et là au contraire c’était un frein à ma liberté, il y avait une espèce de fascination malsaine pour quelqu’un qui me dominait comme ça, qui avait l’âge d’être ma mère, et c’était très casse-gueule, très borderline justement, à la limite du malsain, et en même temps je vibrais comme c’est pas permis.