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Publié dans le
volume VI (octobre-novembre 2007)
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J’ai choisi un mot italien : invaghirsi, que en français on pourrait traduire par « s’éprendre », mais c’est pas la même étymologie, la traduction exacte. J’ai choisi invaghirsi parce que j’ai découvert — je suis un peu obsédée par les étymologies — et j’ai découvert que c’est un mot qui contient une racine très intéressante. Parce que invaghirsi, tu as le mot vago qui veut dire « errant, vagabond », donc c’est un mot qui transmet le son du mouvement, mais j’ai découvert que ça veut dire aussi « envie de quelque chose ». Et donc invaghirsi, c’est « aimer bien, commencer à aimer quelqu’un ». C’est pas aimer, pas tomber amoureux de quelqu’un, c’est le début, quelque chose qui commence à bouger, à se transformer en amour. [...] Moi je l’appelle G., parce que j’ai écrit une histoire sur lui. Il m’a fait beaucoup souffrir. (Silence.) Il a ouvert la porte, j’étais complètement fascinée. Lui était vraiment beau. Et... on s’est connus ce soir-là. Et... j’étais jeune, j’étais très bête. Il me plaisait beaucoup, et toutes les autres filles étaient dans le même état, mais les autres filles, le jour d’après, avaient tout oublié, et moi, je me souviens que je regardais dehors par la fenêtre, et j’ai pensé : « Je vais le revoir, je sais... » On s’est pas vus pendant deux ans. Ce soir-là. Et puis on s’est rencontrés, et moi je croyais qu’il ne me plaisait plus, et en fait quand je l’ai revu, tout à coup j’étais à nouveau invaghita de lui. C’est la première fois que j’ai senti quelque chose qui bougeait en moi. Et on a passé une très belle soirée [...]